Alors qu’ils devraient se réjouir que le vapotage puisse anéantir le tabagisme, les anti-tabac font tout pour discréditer la vape. En chef de file des anti-vape, le président de Droits des non-fumeurs : Gérard Audureau.

Je connais bien Gérard Audureau pour l’avoir rencontré plusieurs fois. Fut un temps où nous pouvions discuter, mais depuis que le Groupe de Travail Vapotage a été sabordé par la nouvelle ministre de la santé Agnès BUZYN et son DGS Jérôme Salomon, les parties prenantes n’ont plus d’espace où elles étaient bien obligées de se côtoyer et d’échanger.

Les derniers mois de crise sur le vapotage ont créé un contexte détestable. On se demande pourquoi – car finalement ce n’est pas leur sujet – mais les médias donnent souvent la parole aux anti-tabac à propos de la vape. Sous couvert de “prudence et de précaution”, ils sont toujours mal documentés, souvent incompétents, glissent vers la médisance, racontent n’importe quoi et alimentent finalement un climat anxiogène totalement infondé au regard des connaissances médicales et scientifiques sur le vapotage. Au mois d’octobre 2019, l’association SOVAPE a consigné la situation en commandant un sondage à l’institut BVA. Le résultat indique que 59% des français estiment que vapoter est au moins aussi nocif que fumer (45%), voire plus (4%), voire beaucoup plus (10%).

Du côté de la vape (consommateurs, professionnels, acteurs de santé), on s’agace de voir ainsi la presse et les anti-tabac s’allier pour effrayer la population à coups de suppositions, d’interprétations et “d’avis” qui relèvent d’une entreprise massive de désinformation. D’autant plus que les défenseurs – à part quelques médecins – ont très rarement la parole et ne sont quasiment jamais consultés par les médias. L’énervement gagne et une véritable guerre de tranchée est maintenant déclarée entre les défenseurs de la vape et les anti-tabac. J’avoue que je participe à la bataille, tellement je suis médusé face à l’attitude de ceux qui devraient être les premiers à se réjouir qu’une solution efficace permettent de lutter massivement contre le tabagisme. Idéologie ou intérêt, la question se pose de plus en plus bruyamment, sans révéler les noms ou les organisations, la semaine dernière suite à cet article, j’ai reçu de nombreux messages privés pour me remercier d’avoir osé l’ouvrir : Le pactole pour Alliance Contre le Tabac : près de 4 millions d’euros sur le fond addictions !

Il faut dire que je n’ai rien à perdre, avec l’association SOVAPE, dont je suis le vice-président, je me bats depuis des mois pour obtenir un siège au PNLT (Plan National de Lutte contre le Tabagisme). Les fins de non-recevoir sont permanentes, seule l’AIDUCE y représente le vapotage, complètement marginalisée au milieu de toutes les organisations anti-tabac, et de plus en plus anti-vape qui y forment le noyau dur : DNF, CNCT, Alliance Contre le Tabac en particulier.

Femme Actuelle : terrain neutre

C’était fin novembre, une journaliste de Femme Actuelle me contacte pour une petite interview. Elle m’explique le principe, il s’agit de la rubrique Pour ou Contre de l’hebdomadaire. Et donc, son sujet c’est Pour ou Contre : Interdire la cigarette électronique. Elle me propose d’argumenter pour le contre. Je lui demande qui va s’occuper du pour. Bingo : Gérard Audureau, quelle surprise ! Y’avait pas meilleur client, mais à ce moment là, je me dis quand même que je ne l’ai jamais entendu dire qu’il était pour l’interdiction de la cigarette électronique…

L’interview se passe bien. Je prends quand même soin de renvoyer un mail à la journaliste pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté sur mes propos car je ne l’ai pas senti très à l’aise avec le sujet, comme la plupart des néophytes. Bien entendu, je n’ai aucune idée de ce que lui a raconté Gérard Audureau, elle ne m’en a pas parlé.

Suite à cet entretien, presque trois semaines d’attente avant que l’article ne sorte. Impatience de voir si mes propos ont été bien reportés. Impatience aussi de lire ce que pouvait raconter Gérard Audureau.

En seulement 5 phrases, un festival de fake et mensonges

Je n’ai eu aucun soucis avec le texte qui me concerne (voir l’image plus bas), c’est factuel, simple et lisible. Grand merci à la journaliste Stéphanie Plasse pour sa retranscription.

Par contre, du côté Gérard Audureau, on a le droit à un festival de mensonges, de fake et discours extrémiste anti-vape. Et en seulement cinq phrases, cela réside de l’exploit. Et ça mérite un décryptage.

Je suis pour l’interdiction de la cigarette [électronique ?*] comme objet de plaisir.

* Dans le texte, il n’y pas le mot “électronique”, étrange, peut-être une coquille de la journaliste car la phrase suivante est sans équivoque, il parle bien de la vape. Par ailleurs, dernièrement sur une radio Gérard Audureau a bien déclaré qu’il était contre la vape si c’était un objet de plaisir.

Le décor est planté. Interdiction de prendre du plaisir. C’est LE point fort de la vape, ce qui fait son succès, arrêter de fumer en se faisant plaisir plutôt que dans la souffrance. Un peu plus loin, il confirme :

Considérée comme un produit de consommation courant, la cigarette électronique a été détournée de son objectif principal qui était d’aider les gens à arrêter de fumer.

Donc, soit on arrête de fumer, soit on prend du plaisir. Mais les deux, c’est pas possible, c’est inacceptable. On se trouve là au cœur du problème avec les anti-tabac d’ancienne génération. Toute leur lutte est fondée sur le déni du plaisir. Ils considèrent comme un dogme que les fumeurs ne prennent aucun plaisir à fumer.Comme tous les spécialistes, je ne suis absolument pas d’accord, et je l’explique en détail dans mon livre Bienvenue dans la vape : l’outil le plus populaire pour arrêter de fumer. Le plaisir de fumer est le premier chapitre, et ça tient 10 pages sur les 80 du bouquin. La “cigarette électronique” n’a donc absolument pas été “détournée” de son usage, le plaisir fait partie de la vape, ce sont LES plaisirs du geste, du hit, des arômes et de la prise de nicotine qui aident justement le fumeur. Avec le vapotage, le plaisir et l’arrêt du tabac sont totalement liés, concomitants et inséparables. La recherche du plaisir est un facteur de réussite pour ceux qui essayent le vapotage, refuser ce principe, c’est ne rien y comprendre, comme M. Audureau.

Mais la portée de son discours ne s’arrête pas là. Ce qu’il sous entend aussi, c’est sa désapprobation totale à continuer de vapoter pour ceux qui seraient complètement sevrés du tabac. C’est mon cas, plus de 6 ans que je ne fume plus, et aujourd’hui, c’est clair, je ne vape plus pour me sevrer du tabac, mais uniquement pour le plaisir, pour le geste, pour le hit, pour les arômes et pour la nicotine. Le président de Droit des non-fumeurs n’accepte pas ce droit que je prends de me faire plaisir. S’inquiète t-il pour ma santé (plus que moi) ou a t-il peur que je participe à la renormalisation du tabagisme ? J’opte pour la deuxième hypothèse car c’est une des lignes idéologiques des anti-tabac. Nous sommes pourtant dans le registre du fantasme absolu car depuis l’essor phénoménal du vapotage en France, on ne constate pas le nombre de fumeurs augmenter. La réalité ? Il baisse régulièrement depuis plusieurs années, depuis 2013 exactement, au moment du boom du vapotage avec l’ouverture de très nombreuses boutiques spécialisées.

Son aspect ludique et ses arômes créent une nouvelle forme d’addiction, surtout chez les jeunes qui peuvent ensuite passer au tabagisme classique.

Là, Gérard Audureau va très loin. Car il n’y a aucune étude qui démontre que le vapotage provoque une addiction chez des non-fumeurs. Je n’ai pas connaissance non plus d’une étude qui prouve que les substituts nicotiniques créent une dépendance chez des non-fumeurs. Gérard Audureau ment par extrapolation en affirmant quelque chose qu’il “suppose”. Il affirme donc, sans aucune preuve et s’enfonce encore plus quand il dit “surtout chez les jeunes…” Pour ne pas mentir, il devrait se contenter d’émettre une “supposition” en admettant qu’il se base sur des études qui concernent uniquement le tabac et en précisant que le pouvoir addictif de la nicotine dans les cigarettes est en outre dopé par la composition et les traitements des produits qu’opèrent les industriels du tabac.

Gérard Audureau indique que les jeunes peuvent ensuite passer au tabagisme classique. Avec cette affirmation, il donne là dans la fake news. Ça fait des années aussi que les anti-tabac labourent ce terrain, mais toutes les données les contredisent formellement. Cela fait 10 ans que le vapotage se développe, et nulle part où son essor est important, on ne voit le niveau de tabagisme juvénile évoluer. Mieux, c’est même le contraire qui se produit. Si vous voulez les chiffres officiels aux USA ; il suffit de consulter cet article très détaillé sur les données de la FDA.

Les discours des anti-tabac sur les jeunes et la vape sont désespérants. En France particulièrement, nous avons 25% des gamins de 17 ans qui sont fumeurs quotidiens. Alors qu’aux USA, on a sous les yeux que l’essor de la vape constitue un rempart à l’entrée dans le tabagisme. Les anti-tabac arrivent pourtant à persuader et tromper les autorités sanitaires et les médias sur la réalité des faits. C’est terrifiant.

On ne dispose pas d’étude sérieuse sur la dangerosité de ce produit.

On peut lire cette phrase à double sens. Est-ce que Gérard Audureau veut dire que toutes les études qui tentent de démontrer que la vape est dangereuse ne sont pas sérieuses ? Où veut-il effrayer le lecteur en faisant croire qu’il n’y a pas d’étude [sérieuse] sur la vape ?

Pour l’Organisation mondiale de la santé, la cigarette électronique est pourtant “incontestablement nocive”*. Ce n’est pas un produit inoffensif. * Rapport sur le tabagisme mondial, juillet 2019.

Cette dernière phrase nous aide donc, sans aucun doute, à comprendre le sens qu’a voulu donner Gérard Audureau à la précédente. Il se sert donc de Femme Actuelle, un magazine très grand public qui tire à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, pour sa propagande anti-vape qui consiste à tenter encore de faire passer l’idée moyenâgeuse qu’il n’y pas d’étude (sérieuse) sur la vape. On atteint là le sommet de la fake news et du mensonge ! Déjà en 2015, il y a bientôt 5 ans, le Public Health England sortait un rapport d’analyse de plus de 200 études pour conclure que la vape était “au moins” 95% moins nocive que la cigarette. Il y a 5 ans ! Lors du dernier Sommet de la vape, l’une des intervenantes anglaises, Louise Ross, a raconté être abonnée à des fils de news où elle pouvait recevoir jusqu’à 50 études, avis ou rapport par SEMAINE !!!

Sur le rappel du rapport de l’OMS, il est important de remettre en perspective. Le “incontestablement nocive” est une formule qui a été mise en exergue par l’Agence France Presse cet été, complètement sortie de son contexte (deux mots sur 4 pages dans un rapport). Par ailleurs, le rapport en question a bien été réalisé par l’OMS mais a été financé par le milliardaire américain Bloomberg, lequel vient d’investir plus de de 200 millions de dollars pour lutter contre l’essor du vapotage.

Influence nocive et toxicomanie des idées reçues

Il ne faut pas chercher très loin pour commencer à mesurer les dégâts que cause Gérard Audureau, président de Droit des non-fumeurs. Dans l’article “Pour ou contre”, Femme Actuelle nous crédite de “L’avis de la journaliste”, Marie-Laure ZONSZAIN, qui est en fait la “chef de service actu”. Ce n’est donc pas elle qui a interviewé les intervenants, ni écrit l’article. J’imagine qu’elle a dû lire le papier, et s’est fendue d’une petite phrase, présentée comme l’avis d’une cheffe éclairée (ou éclairante ?). Bref, citons :

Les cigarettiers et fabricants de produits mixtes sortent gagnants du débat.

Alors là… rien à voir avec le débat. Je sèche. Ou plutôt, je démissionne. Il faudrait tout reprendre en niveau maternelle pour expliquer à la dame qui fait quoi dans le(s) monde(s) du vapotage et du tabac. Donc passons…

L’interdire inciterait les fumeurs à replonger. La confirmer inciterait les jeunes à s’y mettre.

Voilà, voilà. Je pourrais en faire des caisses aussi tellement c’est affligeant. Je préfère citer mon ami Philippe PoirsonIl manque la fin de la phrase, la journaliste aurait dû dire : L’interdire inciterait les fumeurs à replonger. La confirmer inciterait les jeunes à s’y mettre au lieu de fumer des vraies cigarettes.

La désinformation tue. À point nommé aujourd’hui, l’Académie de médecine vient de publier un communiqué : L’Académie nationale de médecine rappelle les avantages prouvés et les inconvénients indûment allégués de la cigarette électronique (vaporette). L’avis de la société savante sur l’OMS : déclaration sans argument. Difficile de faire plus net. Qu’une académie nationale de médecine critique ouvertement l’Organisation mondiale de la santé, c’est assez exceptionnel. Il faut dire que l’organisation ne cesse de se discréditer sur le sujet, ses rapports avec le dictateur sanguinaire Duterte aux Philippines intriguent vraiment.

Personne n’est désigné responsable (médias, pouvoirs publics, anti-tabac /anti-vape ?), mais l’Académie de médecine n’y va pas avec le dos de la cuillère : Cette crise de confiance pourrait causer la mort de milliers de fumeurs alors que le tabac tue la moitié de ses fidèles consommateurs.

Apprécions aussi, une fois n’est pas coutume, grâce à ce communiqué, l’AFP vient de sortir une dépêche avec un titre très positif : Les fumeurs « ne doivent pas hésiter » à passer au vapotage. Espérons que les copier / coller dans les médias seront tout aussi prompts et nombreux que ces trois derniers mois quand il s’agissait de jeter l’opprobre sur le vapotage avec la crise américaine des produits frelatés.

Dans le tweet ci-dessous, le Dr William Lowenstein ne mâche pas ses mots non plus : la toxicomanie des idées reçues tuent plus que toute autre.

Pour finir, c’est effrayant le temps que j’ai mis sur cet article pour décortiquer les mots et les idées. Terrifiant de voir qu’il est si facile de nuire avec seulement cinq petites phrases, et si difficile d’expliquer derrière, de sourcer et de rassurer. C’est épuisant. Franchement, l’industrie du tabac ne pouvait pas rêver de meilleur allié que Gérard Audureau, fumeux président de l’association Droits des non-fumeurs.

Annexes

Ci-dessous un tweet révélateur de l’activité nocive de Gérard Audureau, une caricature et un photo-montage qui tournent dans les réseaux sociaux. Ainsi qu’une vidéo légendaire de Gérard Audureau où il assume et revendique être “obligé de produire des preuves, même si elles sont fausses”… Et que ça lui est égal !!! (vers 3’10).

Audureau anti-vape déclaré

Gérard Audureau - Anti vape

Communiqué de l'académie de médecine sur le vapotage crise de confiance

Bienvenue dans la vape

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