Question qui revient très souvent chez les femmes enceintes. Pour éviter de fumer, peut-on vapoter pendant la grossesse ? Les résultats d’une nouvelle étude sont très rassurants.

Selon un rapport publié en 2018 par Santé Publique France, 30% des femmes fumaient avant leur grossesse en 2016. Et elles n’étaient que 45,8% à avoir arrêté avant le 3e trimestre, soit plus de la moitié qui n’avaient pas réussi à quitter complètement la cigarette pendant leur grossesse.

Les risques de la fumée pendant la grossesse et pour l’enfant sont connus : fausse couche, accouchement prématuré, retard de croissance in-utérin, malformation, bébés plus petits et fragiles à la naissance… Outre les composants toxiques de la cigarette, le monoxyde de carbone est un terrible poison qui perturbe l’oxygénation du fœtus.

Toutes les femmes sont conscientes de ces risques et il ne faut surtout pas jeter la pierre à celles qui ne parviennent pas à arrêter de fumer. Cette étude anglaise montre à quel point le jugement et la stigmatisation sont contre-productifs, cela pousserait même les femmes à fumer en cachette.

Usage de la nicotine : un moindre risque si c’est pour arrêter de fumer

Aider les femmes à arrêter de fumer pendant la grossesse est une priorité de santé publique, et on voit bien avec les chiffres cités ci-dessus que l’on est loin d’atteindre une politique de prévention digne de ce nom. Depuis 1999 pourtant, la France est le premier pays au monde qui autorise l’usage des substituts nicotiniques pour les femmes qui n’arrivent pas à arrêter de fumer. En effet, si la nicotine peut avoir un effet vasoconstricteur, on est à des années lumières des dangers de la fumée de cigarette. Réduction des risques, en Angleterre, 21 associations et sociétés savantes ont rédigé un guide à l’attention des professionnels de santé sur l’utilisation du vapotage pendant la grossesse (traduit en français par le Pr. Jean-François ETTER – Université de Genève).

L’usage du vapotage soulève pourtant de nombreuses questions pour les femmes enceintes. L’absence de prise de position des autorités de santé française nourrit malheureusement l’inquiétude et les doutes… comme toujours. Si certains médecins, heureusement de plus en plus nombreux, savent être rassurants, les femmes françaises sont malgré tout livrées à elles-mêmes pour décider de l’usage du vapotage pendant leur grossesse. Faute d’un discours officiel honnête et responsable, la société civile fait le job et vous trouverez sur les groupes auto-support tels que JE NE FUME PLUS ou VAPE INFO SERVICE de nombreux témoignages de femmes enceintes et leurs conseils pour adopter les bonnes pratiques.

Une nouvelle étude très rassurante sur le vapotage pendant la grossesse

Excellente nouvelle ! Cette étude, qui est une première, démontre sur les critères étudiés, que le vapotage n’a aucune incidence, ni sur la maman, ni sur le bébé. Pour les mamans qui vapotent, tous les résultats sont similaires à celles qui ne fument pas, alors que les dégâts du tabac ont été à nouveau vérifiés dans le cadre de l’étude sur le groupe des femmes fumeuses.

La version originale des conclusions de l’étude se trouve ici : 186: Electronic cigarette use in pregnancy is not associated with low birth weight or preterm delivery | Brendan P. McDonnell | Evan Bergin | Carmen Regan

Voici une traduction réalisée avec Google, avec très légère révision littéraire :

Objectif

La consommation de cigarettes électroniques a considérablement augmenté ces dernières années, les utilisateurs la percevant comme plus saine, plus propre et plus rentable que la cigarette. Cependant, leur utilisation pendant la grossesse reste une source de préoccupation importante en raison du manque de données sur la sécurité et sur les résultats pour la mère et le fœtus. De plus, la nicotine traverse le placenta et a un effet direct sur le système fœtal et le système vasculaire placentaire et a été étiquetée neuro-tératogène pour ses effets sur le développement cérébral du fœtus.

Conditions de l’étude

Nous avons mené une étude de cohorte prospective parmi des utilisatrices de cigarettes électroniques enceintes fréquentant une grande maternité urbaine qui accouche plus de 8500 nourrissons par an. Les femmes ont été identifiées via le système de réservation électronique lors de la première visite à l’hôpital. Les résultats maternels et néonataux ont été recueillis après l’accouchement et comparés à un groupe de la même période de fumeuses et de non-fumeuses.

Résultats

129 femmes ont été classées avec des antécédents d’utilisation exclusive de cigarettes électroniques au cours de la période d’étude. Sur ce nombre, 85 ont eu une naissance vivante, 39 sont encore enceintes et 1 patiente a eu une fausse couche au deuxième trimestre. Les bébés nés de consommatrices de cigarettes électroniques avaient un poids moyen à la naissance de 3482 g (+/- 549 g), ce qui était similaire à celui des non-fumeurs (3471 g +/- 504 g, p = 0,75) et significativement supérieur à celui des fumeurs (3166 g + / – 502 g, p = 0,001). La gestation moyenne à l’accouchement était similaire chez les utilisatrices de cigarettes électroniques, les non-fumeurs et les fumeurs (respectivement 39,3, 39,8 et 39,3 semaines). Le centile moyen de naissance des utilisatrices de cigarettes électroniques était similaire à celui des non-fumeuses (51ème centile vs 47ème centile, p = 0,28) et significativement supérieur à celui des fumeuses (27ème centile, p = 0,00001). Il n’ya pas eu de cas de morbidité maternelle grave. Les résultats de l’accouchement, y compris le besoin d’induction, le mode d’accouchement, les traumatismes périnéaux et l’hémorragie post-partum étaient tous similaires à ceux des non-fumeurs, de même que les taux d’admission à l’SCBU/NICU (service de néotalité intensive – couveuse). Aucun cas de syndrome de détresse respiratoire néonatale.

Conclusion

L’utilisation de cigarettes électroniques pendant la grossesse n’est pas associée à un faible poids à la naissance ou à un accouchement prématuré. Les résultats maternels et néonataux semblent être similaires à ceux des non-fumeurs. À notre connaissance, il s’agit de la première étude prospective sur la relation entre l’utilisation de la cigarette électronique et les résultats pour la mère et le fœtus.

 

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