Une étude aux USA démontre que la perception des risques du vapotage, même par rapport à la cigarette, est de plus en plus négative. À qui profite la peur ?

Des chercheurs viennent de publier dans le JAMA. Ils ont étudié les données de deux enquêtes réalisées aux USA sur la perception des risques du vapotage en comparaison de fumer. Dans les deux cas, il s’agissait de savoir si les personnes interrogées considéraient le vapotage comme moins nocif, aussi nocif ou plus nocif que la cigarette fumée. Et la question a été posée pendant plusieurs années de 2012 à 2017, ce qui permet de constater l’évolution de l’opinion.

Une perception du risque inverse de la réalité

Entre 2012 et 2017 de très nombreuses études ont pu démontrer sans aucun doute possible que le vapotage est beaucoup moins risqué que fumer, mais pourtant, la perception du risque dans la population va dans le sens contraire.

“Le taux d’individus estimant que la cigarette électronique est plus néfaste que la cigarette classique est passée de 2,8% à presque 10% en 2017.”

“Alors que la moitié des individus interrogés étaient sans opinion en 2012, ils n’étaient plus que 26% en 2017.”

“La perception d’une nocivité inférieure pour la cigarette électronique concernait 50,7% des individus interrogées en 2012, puis 36,4% en 2017.”

Non seulement la perception du risque évolue exactement à l’inverse de la réalité et de toutes les connaissances, mais en plus, une plus grande partie de la population en est persuadée. Plus dramatique encore, ce sont les fumeurs qui semblent être les moins bien informés sur le réel niveau de risque de la vape à comparer de la cigarette. Il sont trois fois plus nombreux à penser que la vape est aussi, voire plus dangereuse, que la clope !

“Ce sont surtout les fumeurs qui déclarent que la e-cigarette est aussi dangereuse que la cigarette (11% en 2012 et 34% en 2017), voire plus dangereuse (1% et 5,5%).”

Il n’y aucun doute, le vapotage est beaucoup moins risqué que la cigarette. Même les plus anti-vape sont obligés de le concéder devant les preuves. Alors pourquoi le sentiment de la population et des fumeurs en particulier, évolue t-il aussi négativement complètement à l’inverse de la réalité ?

Qui est responsable ?

Ne mâchons pas les mots, la population est trompée.

Et les fumeurs en tête. C’est très grave. C’est comme si un tiers des motards pensaient qu’il est inutile de mettre un casque, et que la moitié de leur famille approuvait.

Comment cette situation a t-elle pu se créer alors toutes les connaissances devraient, au contraire, rassurer de plus en plus la population, et surtout les fumeurs, sur la pratique du vapotage, beaucoup moins risquée que fumer ?

La question est complexe, mais on peut quand même en dessiner les grands axes et surtout désigner les responsables. Pour rappel, cette étude s’appuie sur des enquêtes aux USA, il faut donc porter le regard outre-atlantique. Mais il sera toujours temps d’en parler, si un jour en France, une étude ou une enquête se porte sur cette question de la perception des risques.

Il y a actuellement une féroce campagne anti-vapotage aux USA. Elle est menée par des anti-tabac dont les motivations laissent perplexes de nombreux spécialistes. Sous couvert de protection de la jeunesse, la vape est accusée de tous les maux. Les autorités de santé, FDA en tête, en font un écho très fort et soutiennent l’hystérie en accusant les fabricants de produits de la vape de vouloir créer une nouvelle génération d’accros à la nicotine.

Non contents de créer un climat hyper-anxiogène, les anti-tabac transformés en anti-vape ne cessent également de produire des études fake news en accusant la vape de créer des problèmes de santé sur des bases totalement délirantes. On a vu passer dernièrement des alertes sur les maladies cardiaques fondées sur de simple corrélations mais sans aucune causalité démontrée (ni démontrable), ou encore une histoire de convulsions, sur une toute petite minorité de cas et concernant des personnes qui avaient déjà ce genre de problème avant de vapoter, ou qui consommaient en parallèle des produits stupéfiants !!!

Pour se donner une idée de la violence des attaques et de la mauvaise foi de leurs instigateurs, il suffit de lire cet article où l’on retrouve le fameux Stanton GLANDZ bien connu pour ses positions anti-vape. A toutes fins utiles, rappelons qu’aux USA (mais c’est ne pas très différent chez nous), c’est grâce au fléau du tabagisme et avec l’argent des cigarettiers que se financent les anti-tabac.

Cela parait donc incroyable, mais ce sont ceux-là même qui devraient lutter contre le tabagisme qui produisent l’essentiel des informations anxiogènes contre la vape et qui provoquent désormais une perception du risque de vapoter totalement à l’inverse de la réalité.

Mais, aussi : la presse et les autorités de santé

Là dessus, le problème touche aussi profondément la France. Car en effet, la publication des études ou des déclarations essentiellement alarmistes sur le vapotage est un sport national. Alors qu’il existe de nombreux spécialistes et des associations tout à fait disponibles pour répondre correctement aux questions, la profusion d’articles sensationnalistes et anxiogènes, sans aucune vérification, est inversement égale à la réalité des risques du vapotage à comparer du tabagisme.

Ainsi, la presse qui ne fait pas son travail, est lourdement responsable d’une perception des risques totalement faussée et qui plus est, évolue strictement à l’inverse des connaissances scientifiques.

De même, si l’on concède que la ministre de la santé Agnès BUZYN a (rarement) affirmé que le vapotage est moins nocif que la cigarette, son rôle aujourd’hui devrait être de monter en première ligne et être beaucoup plus ferme et décidée sur le sujet. Sans aucun doute aujourd’hui, le principe de précaution, c’est, à minima, de vapoter au lieu de fumer.

L’industrie du tabac ?

Bravo les gars, une fois encore, on ne peut qu’admirer votre maîtrise en stratégies vicieuses et sournoises !

Le vapotage est le pire ennemi de l’industrie du tabac. Sous son essor, l’effet KODAK guette. Après une année 2018 catastrophique pour les cours en bourse des multinationales, les ventes continuent de s’écrouler aux USA sur le premier trimestre 2019.

Aujourd’hui la stratégie affichée en première intention est de reprendre le marché du vapotage. Et bien sûr, ils vont s’y employer. Mais un bon maître de guerre prévoit toujours toutes les options. Or depuis que le vapotage existe, les anti-tabac, voyant leur ressources (grâce au tabac) en grand danger, ne cessent d’accuser les industriels de vouloir en faire leur nouveau business. Combien d’entre nous, vapoteurs militants en France, se sont vu rétorqué par ces intégristes du “Quit or Die” que la vape était “aux mains” de l’industrie du tabac, alors que c’était complètement faux (et ça l’est encore chez nous)…

Mais ! Au prétexte de se “transformer”, les industriels du tabac sont en effet en train de passer à l’offensive et de racheter effectivement des leaders du marché et si possible, les plus voyants. Ils nourrissent ainsi parfaitement le fantasme des anti-tabac / anti-vape, la boucle est bouclée.

Pourquoi faire peur sur le vapotage ?

C’est assez simple. Plus les gens ont peur et moins ils essayeront le vapotage. Le cheptel de fumeurs pourra ainsi être maintenu, au moins l’érosion sera contenue. L’industrie du tabac gagnera du temps pour essayer de se transformer (haha !). Les anti-tabac gagneront du temps pour essayer de modifier leurs ressources grâce au “grand danger” que représente le vapotage. Les États gagneront du temps pour essayer de re-équilibrer leurs rentes fiscales sur les ventes de tabac (qui vont bien finir par fondre) en cherchant des solutions pour taxer la vape. Il n’y a qu’un pas pour soutenir l’idée d’intérêts communs sur le dos des fumeurs et dans le dos des professionnels indépendants de la vape.

Aujourd’hui l’essor du vapotage est inexorable, il est porté par les consommateurs. C’est l’outil d’aide le plus populaire en France malgré les fake news et l’ambiance anxiogène entretenue par tous ces rapaces. Les grands perdants risquent d’être les laboratoires pharma, car décidément, les preuves s’accumulent, les vapoteurs risquent bien de ne plus être malades comme le sont les fumeurs. Leur intérêt est donc aussi de freiner le plus possible l’essor d’une solution qui ne passe par leur business et qui entame lourdement leurs revenus sur les maladies graves et prédictibles (ça c’est magique dans le business) que provoque le tabagisme.

Il n’y pas de complot derrière tout ça. Ça n’est que du business. Et aujourd’hui le business nous montre qu’il est prêt à tout, même à tromper massivement la population.

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