Depuis 10 ans, la vape rencontre un succès phénoménal auprès des fumeurs pour quitter la cigarette tueuse. L’industrie du tabac essaie de prendre des parts de ce marché, mais elle a aussi lancé un “nouveau produit” : le tabac chauffé. Quelles sont les différences ?

Tout ce qui vient de l’industrie du tabac est nocif. C’est un point de vue répandu, forgé évidemment par l’historique de cette industrie et les millions de morts qu’elle a sur la conscience. Les cigarettiers pourraient se mettre à vendre des jus de tomate bio-équitable, ça ne changerait rien. Tout ce qui est “tabac” aussi, est forcément nocif. Alors qu’en se renseignant bien, on comprend aisément que c’est la combustion qui est dangereuse et non pas le tabac en tant que tel. Mais ça ne change rien non plus.

L’histoire du SNUS est un exemple terrifiant de cette lutte biaisée contre le produit au lieu de s’attaquer à son mode de consommation. Prohibé dans toute l’Europe, sauf en Suède, le SNUS aurait pu sauver des millions de fumeurs. Son interdiction a tué (par camouflage d’une solution) des millions d’Européens. Les données suédoises l’attestent sans l’ombre d’un doute. Là-bas, il y a moins de 5% de fumeurs, le taux de cancer des poumons est le plus bas du continent, idem pour les cancers oraux-pharyngés qui était pourtant, selon les détracteurs le risque majeur du SNUS. Mais c’était sans compter les efforts des fabricants pour améliorer le produit et en retirer les composés les plus toxiques. Lire ici : le scandale sanitaire du SNUS en Europe. À noter aussi, en Suède, le paquet de cigarettes est à 6€ seulement.

Confusion entre le produit et son mode de consommation, la nicotine aussi est diabolisée en permanence. Alors qu’on la retrouve dans les substituts nicotiniques ou dans la vape, sans que ça ne pose aucun problème aux consommateurs, l’OMS et les anti-tabac extrémistes mènent un combat anti-nicotine qui ampute gravement le potentiel de la réduction des risques grâce aux modes de consommation alternatifs. Leur influence est terrifiante, l’an dernier l’association SOVAPE a réalisé un sondage qui révèle que 80% des français pensent que la nicotine est cancérigène, ce qui est totalement faux.

Depuis plus de 10 ans, la vape connait un succès phénoménal. Cette nouvelle pratique, très efficace pour arrêter de fumer, a bouleversé tout l’écosystème tabac. Les fumeurs arrêtent de fumer en masse. Il n’achètent plus de cigarettes, ils ne payent plus 400 à 500 % de taxes sur leurs achats, dans 20, 30 ou 40 ans, ils ne seront plus malades à cause de leur tabagisme. L’industrie du tabac est en première ligne, le cours des actions en bourse s’effondre depuis quelques années, jusqu’à moins 50% pour certaines multinationales. Ils tentent donc de réagir. Certains essaient de se lancer sur le marché de la vape, avec un succès mitigé selon les pays. Et ils tentent aussi de lancer un produit, disons “intermédiaire” : la tabac chauffé. Leur tactique marketing est de brouiller les cartes, en essayant de faire croire que c’est pareil que la vape. En cela, ils sont “aidés” par les anti-tabac extrémistes et l’OMS qui nourrissent également l’amalgame. Voir ici : la dernière campagne de l’OMS pour la journée mondiale sans tabac.

Stratégie du mensonge

La vape et le tabac chauffé, c’est vraiment différent. Et c’est aussi différent de la cigarette fumée. Les amalgames sont dangereux, car lorsqu’ils seront (forcément) contredits, les conséquences pourraient être totalement contre-productives pour la santé publique, y compris pour ceux qui pensent bien faire.

Ces derniers jours, l’Alliance Contre le Tabac et le CNCT ont lancé une offensive contre le tabac chauffé en réaction à des communiqués de l’industrie du tabac. A vrai dire, je ne suis pas le dernier à maugréer sur le tabac chauffé, mais par contre, je suis viscéralement attaché à la vérité. Je suis tombé ce matin sur cet article : Le tabac chauffé, “protecteur de la santé publique” : la campagne de Philip Morris fait bondir les associations anti-tabac et les tabacologues. Et voici extrait qui m’a vraiment fait bondir :

“Quant aux associations anti-tabac, qui luttent contre ces produits, responsables selon elles de la mort de 30 000 Français par an et plus d’un million de personnes dans le monde, elles s’inquiètent aussi…”

Et bien non, le tabac chauffé ne fait 30 000 morts par an en France !!! À la décharge des anti-tabac (voir le communiqué), ce n’est pas ce qu’ils racontent. Ils ont seulement fait un calcul de la part de marché de CIGARETTES de l’industriel qu’il veulent épingler. Mais la journaliste n’a rien compris, et elle se retrouve à raconter n’importe quoi.

D’un autre côté, le communiqué des anti-tabac est tellement violent et contient tellement de contre-vérités et d’approximations que l’on imagine facilement les médias se faire tromper et manipuler. En tant que responsable associatif (SOVAPE), j’aurais demandé un correctif pour une question de légitimité et de crédibilité. Ce que n’ont pas fait les anti-tabac extrémistes. Avec les moyens (sur fonds publics) qu’ils mettent dans leur communication, c’est sûr qu’ils font une pige, c’est sûr qu’ils ont vu l’article. Qui ne dit mot consent. Ils assument la désinformation qu’ils font perler dans les médias. Rien d’étonnant, comme indiqué plus haut à propos de la nicotine, si la population pense que c’est cancérigène, c’est que ce message passe régulièrement dans les médias, et l’on sait aussi parfaitement que la propagande anti-nicotine est menée par ces anti-tabac extrémistes.

Le mensonge n’est pas utile. Il est nocif, maintenant et pour l’avenir. Quand les fumeurs (ou les jeunes – non encore fumeurs) se rendront compte des mensonges, peut-être seront-ils plus attirés par le produit, et se feront alors piégés par l’industrie du tabac. Parce que oui, malgré tout, le tabac chauffé est un piège, très sournois…

Risques pour la santé

C’est là-dessus que se focalisent les anti-tabac extrémistes. À en croire leur dernier communiqué, le tabac chauffé est aussi dangereux que la cigarette. Le mensonge est tellement énorme qu’ils se décrédibilisent (encore une fois) totalement. Et c’est bien triste que la lutte contre le tabagisme en France soit régenté par autant d’incompétence ou de malhonnêteté (au choix).

Que les études proviennent de l’industrie du tabac ou d’équipes indépendantes, il n’y a aucun doute, les émissions toxiques sont bien moins importantes avec le tabac chauffé qu’avec une cigarette fumée. Là où c’est plus compliqué, c’est d’évaluer le niveau réel de risque. Les industriels du tabac tentent de faire croire que c’est équivalent à la vape, mais une étude suisse (indépendante et que l’industriel concerné à tenter de faire taire) a bien montré que c’est faux. Il y a notamment un phénomène de pyrolyse qui produit des toxiques mais qui n’existe pas dans le vapotage. Certains médecins comme le Pr. Dautzenberg expliquent aussi qu’une moindre exposition à des composés dangereux ne signifie pas forcément un moindre risque. C’est un peu tiré par les cheveux, mais le doute est permis.

Ce doute, avec la vape, il n’y en a pas. Aujourd’hui, il y a tellement d’études sur le vapotage que plus personne ne remet en cause, non seulement la certitude d’une réduction des risques, mais aussi son ampleur. En 2015, le Public Health England parlait d’au moins 95% moins nocif, plus la recherche avance et plus on s’approche du 99%, voire…

Conclusion : en termes de réduction des risques, même si elle est évidente pour les deux, la vape gagne haut la main face au tabac chauffé.

Risque pour l’arrêt du tabac

Voilà un point essentiel que ne développent jamais les anti-tabac extrémistes. C’est normal, car il leur faudrait par la même occasion louer les avantages du vapotage.

Le tabac chauffé, c’est du tabac. Et comme il est chauffé, la sensation est différente, mais ça ressemble quand même beaucoup à la cigarette. Je sais de quoi je parle, car j’ai essayé. Et c’est là que le produit peut se révéler très dangereux dans le processus de l’arrêt du tabac. Certes on ne “fume” plus (combustion) mais on garde ce fameux goût. Si proche.

Arrêter de fumer avec le tabac chauffé est très risqué, car c’est tellement proche de la vraie cigarette que l’on peut craquer à la moindre occasion. Le “shoot” est moins efficace qu’une clope, donc on peut être tenté d’en griller une de temps en temps, et puis replonger. On peut tomber en panne de batterie ou de stick et taxer une cigarette autour de soi, et puis replonger. Avec cette habitude du goût qui reste, fumer une cigarette n’est pas un problème, il n’y a pas ce phénomène “beurk” dont les vapoteurs parlent si souvent.

En effet, quand on passe à la vape, c’est totalement différent. Malgré les saveurs “tabac” qui sont souvent privilégiées au démarrage, il faut faire le deuil du vrai goût “cramé” de la clope. Plus sucré, plus rond, sensation vapeur Vs fumée, c’est autre chose. Le hit créé par la nicotine et le geste participent beaucoup au succès de “l’alternative vapotage”, mais c’est une autre pratique. Et du coup, on s’éloigne immédiatement de la cigarette, on part loin et on reste loin. Toucher une cigarette est impossible pour de nombreux vapoteurs, c’est écœurant, c’est dégueulasse. Et cette sensation se renforce avec le temps.

Conclusion : pour la consolidation de l’arrêt du tabac et le risque de rechute, la vape gagne aussi haut la main face au tabac chauffé.

NOTA : on parle souvent de l’effet passerelle vape / tabac, notamment chez les jeunes. Cette “théorie” est totalement contredite par toutes les données internationales. Les anti-tabac extrémistes s’en servent de prétexte pour lutter contre le vapotage et la nicotine. Dommage qu’ils ne soient pas aussi “motivés” pour explorer ce phénomène avec le tabac chauffé, car avec l’apprentissage du goût du tabac, peut-être que le risque serait plus élevé. D’autant que le produit étant une invention de l’industrie du tabac, on imagine facilement des stratégies marketing pour développer cette porte d’entrée vers la vraie cigarette. Bref, ça ne se fait pas, car il faudrait du coup dire la vérité sur le vapotage. Tout est relatif, mais pas pour les anti-tabac extrémistes qui ne jurent que par l’abstinence totale, sans aucune nuance, et qui prolongent ainsi des années de tabagisme chez les fumeurs effrayés à tort par les modes alternatifs de consommation de nicotine qui leur permettraient de sortir de la combustion. 

Le prix

Il m’arrive parfois de croiser des consommateurs de tabac chauffé. Au restaurant notamment (en terrasse), ça laisse le temps d’observer. Et à chaque fois, je suis effaré par le nombre de sticks consommés. Comme la chauffe se déclenche sans s’arrêter, c’est le même principe que la cigarette, on l’allume et on va jusqu’à la fin. Pas le choix. Mais comme on ne voit pas le stick se consumer, on peut vite oublier, et paf, on doit en remettre un autre. Avec la vape, on ne consomme que quand on a envie. Il n’y a aucune perte. Ça ne se consume pas tout seul.

Conclusion : au niveau des prix, les sticks de tabac chauffé sont moins chers que des cigarettes, mais avec une consommation probablement élevée, ça revient beaucoup plus cher que la vape pour un même niveau de nicotine. A raison d’un paquet par jour, on se situe approximativement à 200 € contre 50€ par mois pour un vapoteur qui gère intelligemment son taux.

Lieux de vente

Comme le tabac chauffé c’est du tabac, on n’en trouve que chez les buralistes, ces endroits où les clopes restent à portée de main au moindre “craquage”. Même si on trouve des produits de vapotage désormais dans la plupart des bureaux de tabac, il est avéré que ne plus visiter son buraliste fait partie du parcours de sevrage pour de nombreux fumeurs passés à la vape. C’est une sorte de “distanciation sociale” pour éviter de rechoper le tabagisme.

Conclusion : la vape est encore gagnante car on n’est plus “obligé” d’aller au bureau de tabac et on évite ainsi la tentation.

La vape est un bien meilleur choix que le tabac chauffé

Sur tous les critères, le vapotage gagne haut la main sur le tabac chauffé. Les seuls pays où le tabac chauffé s’est vraiment développé sont ceux qui mènent des politiques de prohibition du vapotage (par exemple au Japon).

Personnellement, je pense que le tabac chauffé est un mauvais produit, même si j’admets que c’est évidemment moins pire que la cigarette. Mais c’est un produit pervers et trompeur, surtout entre les mains de l’industrie du tabac qui (je n’en doute pas un instant) ne cherche qu’à l’utiliser pour maintenir sa clientèle, voire la faire rechuter dans le tabagisme fumé, voire aller chercher des jeunes (ils se sont déjà fait gaulés dans des boites de nuit à Paris ou en Suisse…) Cependant, il me parait totalement idiot de vouloir l’interdire ou d’exercer une pression par le mensonge à l’égard des fumeurs au risque de les maintenir dans un tabagisme fumé, pire que tout.

Pour que les fumeurs fassent le meilleur choix, il suffit d’informer correctement. C’est ce que j’essaie de faire avec cet article. Mais informer correctement, c’est être “relatif”. Et donc, comparer (vraiment) la vape au tabac chauffé, montrer tous les avantages de la vape. C’est ce que ne savent (veulent ?) pas faire les anti-tabac extrémistes car ils sont aussi anti-vape et il n’est pas question pour eux d’ouvrir la porte à un discours positif sur le vapotage.

Ça s’appelle de la terre brûlée. C’est déplorable. Ils se transforment ainsi en alliés de circonstance (s’en rendent-ils compte ???!!!) de l’industrie du tabac car un jour prochain, c’est sûr, des études indépendantes démontreront que, même si c’est pas parfait, même si c’est très loin du vapotage, le tabac chauffé est quand même moins risqué que la cigarette fumée. Ils pourront alors developper le produit et s’en servir avec toute la perversité qu’on leur connait.

 

Bienvenue dans la vape

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