Vu d’ici en 2023, ça parait irréel, mais pour le tout premier Mois Sans Tabac en 2016, Tabac Info Service faisait bien la promotion du vapotage à la TV !

Il y a quelques semaines, je publiais un article sur la Nouvelle-Zélande. Là-bas, dans le cadre d’un plan de lutte anti-tabac très radical, comprenant notamment une interdiction progressive de vente de cigarettes auprès des plus jeunes, ou encore un abaissement du taux de nicotine dans les cigarettes (une mesure qui divise les experts), même si les médias et les anti-tabac « oublient » d’en parler, la promotion du vapotage est au cœur du dispositif. J’en avais parlé aussi, le ministère de la Santé avait lancé une grande campagne de communication sur tous les grands médias, TV, affichage… et un site Internet avait été mis en ligne, juste parfait, honnête : « Quit Strong« .

Moitié moins de fumeurs en moins de 10 ans

En Nouvelle-Zélande, le nombre de fumeurs s’est effondré. En Angleterre, le taux de tabagisme est trois fois moins élevé qu’en France, la promotion du vapotage y est aussi un de axes majeurs des pouvoirs publics dans la lutte contre le tabagisme. Il y a d’autres exemples, où la réduction des risques est mise en œuvre. En Suède, le SNUS à quasiment éradiqué la consommation de tabac fumé depuis des décennies et les résultats en santé publique sont indiscutables : un taux moitié moins élevé de cancers du poumon par rapport à la France, et – 40 % pour les cancers oraux-pharyngés et du pancréas.

Promouvoir les produits qui permettent de consommer de la nicotine sans fumer est un enjeu et une nécessité de santé publique. C’est une approche de réduction des risques.

Principe de précaution : surtout ne pas fumer, quitte à consommer la nicotine autrement.

Pour cela, il y a des médicaments comme les substituts nicotiniques, le vapotage, et les sachets de nicotine (le snus à partir du tabac est autorisé en Suède mais prohibé dans tous les autres pays de l’Union Européenne).

Pourquoi Tabac Info Service ne fait plus de promotion du vapotage ?

En France, depuis 2017, il y a une loi qui interdit toute publicité et « propagande » pour le vapotage. En théorie, il est donc impossible de parler aux fumeurs pour expliquer que le vapotage est beaucoup moins risqué que fumer et que c’est une aide efficace pour arrêter de fumer. Plusieurs procès ont eu lieu, des organisations anti-tabac font manifestement tout pour empêcher d’informer les fumeurs sur le vapotage.

Pourtant en 2016, pour la première édition du Mois Sans Tabac, un des spots diffusés à la TV faisait la promotion du vapotage, le message final était sans équivoque « La cigarette électronique peut vous aider à arrêter de fumer ». Le film est visible ici sur la page Facebook de Tabac Info Service, publié le 25 novembre 2016.

Est-ce que Tabac Info Service a cessé ensuite de parler de vapotage dans les campagnes de communication à cause de cette loi ? Ou y’a t-il d’autres « pressions » pour les en empêcher ?

Combien d’années de vies non sauvées ?

C’est assez simple. Vu les expériences dans d’autres pays, si Tabac Info Service avait continué chaque année depuis 2016 à communiquer ostensiblement sur le vapotage, il y aurait eu plus de fumeurs qui auraient essayé. Quand une « instance » recommande, la population suit. C’est le principe même de l’opération de « marketing social » qu’est le Mois Sans Tabac.

Or non seulement, Tabac Info Service a cessé de promouvoir le vapotage, mais d’autres instances n’ont cessé, elles, de le dénigrer. Le « pompon » étant le dernier avis du Haut Conseil à la Santé Publique qui prend en otage les médecins en leur imposant de déconseiller le vapotage à leurs patients. Côté Santé Publique France, le recul est aussi marqué par la recommandation insensée aux femmes enceintes (lire ici : Et maintenant, Santé Publique France déconseille le vapotage aux femmes enceintes fumeuses), issue d’ailleurs du même avis du HCSP.

En octobre dernier, l’association SOVAPE a alerté lors de la publication de son sondage annuel avec BVA : Vapoter ou fumer : le doute grandit et s’installe durablement dans l’esprit des Français.

Au lieu d’aider les fumeurs en les informant sur la réduction des risques, voire en les incitant à essayer le vapotage comme Tabac Info Service en faisait la promotion en 2016, le climat en France est devenu délétère. C’est évident, de nombreux fumeurs n’ont toujours pas essayé le vapotage parce qu’ils ont peur et qu’ils ne pensent pas que ça peut les aider.

Avec 14 millions de fumeurs en France, même si on ne parle que d’une fraction d’entre eux, l’absence de communication positive sur le vapotage provoque la perte de millions d’années de vies.

Je ne sais pas le calculer, mais ça doit être vertigineux.

L’exemple du snus

Pour entrer vraiment dans les détails, vous pouvez lire cet article bien complet. En résumé, si la France n’avait pas prohibé le SNUS comme dans toute l’Europe en 1992, et que cette consommation avait pu se développer comme en Suède, alors nous aurions aujourd’hui plus de 30 000 morts en moins par an (sur les 75 000 actuellement). Ça fait vraiment froid dans le dos…

Pourtant, en ce début d’année, cela n’a pas empêcher des organisations de lancer une nouvelle campagne dans les médias contre le SNUS. Elles utilisent le mot « snus » pour désigner en fait des sachets de nicotine sans tabac. Non pas que le tabac soit dangereux dans le SNUS (il est stérilisé et débarrassé des toxiques), mais c’est étrange d’adopter les mêmes méthodes que l’industrie du tabac quand elle nourrit par exemple la confusion entre vapotage et tabac chauffé.

On entend aussi des médecins affirmer que le « snus » est trois fois plus addictif que la cigarette. Premièrement c’est faux, et deuxièmement cela pourrait faire croire aux fumeurs que c’est trois fois plus dangereux que la cigarette. Incroyable.

On entend aussi que le snus provoque des cancers oraux-pharyngés et des cancers du pancréas. À nouveau c’est totalement faux, lire ici ce rapport qui compile plusieurs études et contredit totalement cette allégation. Et à nouveau c’est une tromperie de la population sur la réduction des risques.

La désinformation TUE.

J’espère qu’un jour il y a aura aussi des procès pour tout ça. L’Histoire déjà s’en chargera…

PS

1 – Puisque le film de Tabac Info Service est toujours disponible sur sa page Facebook. N’hésitez pas à le partager. Allez, je remets le lien : https://www.facebook.com/tabacinfoservice/videos/703879036446932

2 – Avec les augmentations du prix des cigarettes, la rente fiscale a augmenté de plus de deux milliards par an ces dernières années. Un rêve : j’aimerais qu’on en prenne juste 1 % (10 millions d’euros), pour faire une campagne de pub pour le vapotage pendant 3 mois sur les grandes chaine de TV, et qu’on regarde les résultats sur la prévalence tabagique en France un an plus tard… juste pour voir. Quel est le risque de tenter ça face aux 75 000 morts par an ?

 

 

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