Vapoter au lieu de fumer est une mesure de précaution. Merci au ministère de la santé pour cette communication officielle qui dit (enfin !) à la population la vérité sur le vapotage.

On l’a vu en France avec l’histoire des vaccins, il y a une vraie défiance de la population face aux discours officiels. Soupçons de collusions avec les intérêts économiques de la pharma, manque de courage politique, messages confus… Les autorités ont parfois du mal à se faire entendre sur des grands principes de santé publique même quand ils sont solidement fondés.

Reste néanmoins que lorsqu’une autorité décide de diffuser un message fort, avec des explications claires, ça rassure quand même. En matière de santé en particulier, comme avec un docteur, la parole officielle inspire le respect et légitime le message. L’impact sur la population est rapidement mesurable.

Lancer une campagne de communication pour rassurer la population et surtout les fumeurs sur le vapotage, et leur rappeler que c’est un bon outil pour arrêter de fumer (deux fois plus efficace que les substituts) aurait un effet quasiment immédiat sur le nombre de fumeurs.

Le ministère de la santé nous dit la vérité sur le vapotage

Le dispositif de communication est simple et efficace. Un site Internet est lancé, très bien réalisé, les messages principaux sont clairs, et pour qui veut creuser, on trouve de l’information précise et sourcée, des vidéos de médecins et de scientifiques. Très rassurant.

  • vapoter n’est probablement pas inoffensif, ce n’est pas utile de commencer si on ne fume pas
  • vapoter est beaucoup moins dangereux que fumer
  • vapoter aide à arrêter de fumer

Ces trois thèmes constituent l’architecture très simple du site. On trouve ensuite tous les détails sur les risques (ou pas) connus du vapotage, la comparaison (essentielle) avec la fumée, et des conseils pour les bonnes pratiques du vapotage.

Par ailleurs, le ministère de la santé a annoncé la diffusion d’une campagne TV au mois de septembre. On imagine que les spots reprendront le triptyque des messages ci-dessus avec un teasing fort pour visiter le site Internet.

Rien à dire, c’est parfait. Message clair et honnête à la population. Pragmatique, prise de conscience qu’à tout bien peser, il vaut mieux vapoter que fumer. Le dire haut et fort, accentuer l’essor du vapotage en rassurant, programmer de sauver des vies, le plus possible et au plus vite grâce à la TV, média le plus puissant. Bravo !

Oups…

Désolé. Emporté par mon enthousiasme, j’ai oublié un détail…

On parle bien du ministère de la santé, mais ça ne se passe pas en France. L’opération se déroule en Nouvelle-Zélande, un pays où il y a 4 ou 5 ans, le vapotage nicotiné était prohibé. Mais où les autorités de santé ont rapidement pris conscience de l’opportunité, ont fait le point et sont désormais sur une ligne politique de santé publique radicalement réorientée vers la réduction des risques.

C’est en anglais, mais c’est tellement bien fait, tellement bien présenté et tellement bien expliqué, qu’un tout petit niveau d’anglais suffit à comprendre :

Pourquoi pas en France ?

Bonne question. Depuis l’affaire du nuage de Tchernobyl dans les années 80, nos frontières sont redevenues poreuses. Autrement dit, ce que l’on sait sur le vapotage en Nouvelle-Zélande, on le sait aussi en France. Nos autorités de santé, la ministre et ses conseillers ont évidement accès à toute la littérature scientifique et médicale ainsi qu’aux rapports établis par leurs homologues dans d’autres pays (genre l’Angleterre à 2h de Paris en Eurostar).

Donc ? Ne pas informer correctement et avec honnêteté la population sur le vapotage, laisser planer la suspicion engendrée par les médias douteux, ne pas casser le climat anxiogène et délétère qui effraye encore trop de fumeurs, est une VOLONTÉ politique. Pire, c’est un calcul…

Favoriser l’essor du vapotage reviendrait à réduire trop rapidement le nombre de fumeurs.

La stratégie adoptée en France est de réduire le nombre de fumeurs mais très progressivement. L’augmentation des prix créé une barrière à l’entrée (moins de jeunes fument et c’est très bien) et incite un peu certains fumeurs à arrêter, ou au moins réduire leur consommation. Les ventes baissent mais le chiffre d’affaires augmente et les rentes fiscales aussi. C’est calculé, cela permet de payer les coûts sanitaires du tabagisme.

Le budget général est tellement exsangue que perdre des milliards à cause d’une baisse trop massive et rapide du nombre de fumeurs est impossible à envisager. C’est un choix politique et budgétaire. La santé publique passe au second plan.

Real politique et cas de conscience. Peut-être que les décideurs d’aujourd’hui auront à s’expliquer au chevet de mourants dans 20 ou 30 ans. Face à ces fumeurs et à leur familles qui auraient pu être sauvés si on leur avait dit : “vas-y” aujourd’hui.

Plus d’info : Vaping Facts: la Nouvelle-Zélande lance une grande campagne d’information de réduction des risques

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