A quelques jours des ordonnances sur la loi de santé, le 1er sommet de la vape du 9 mai au CNAM – Paris a été un moment historique. L’image de la vape aura-t-elle changé auprès des autorités ?

Tous les participants sont d’accords, le sommet du 9 mai a été un moment clef pour l’image de la vape. 19 mai. C’est, semble t-il, la date à laquelle les ordonnances de la loi de santé vont être publiées. Les vapoteurs et les professionnels du secteur se plongeront immédiatement dans les textes pour savoir enfin ce qu’il en est. Cela fait des mois qu’on en parle, des mois que des actions sont tentées, publiquement ou en coulisse, des mois que l’on spécule.

Dans quelques jours, nous serons donc fixés. Entre les mesures catastrophiques que l’on voit au Québec et le pragmatisme qui prévaut au Royaume-Uni, les autorités françaises attendent le dernier moment pour se positionner. Est-ce que le sommet aura une influence sur les textes ? Quels sont les points clefs d’un changement d’image de vape auprès des autorités ?

La vape, un mouvement populaire et politique

Si l’on pouvait en douter encore, les autorités ne peuvent plus ignorer désormais que les vapoteurs constituent un véritable mouvement social avec tout ce qui le caractérise, notamment la capacité de s’organiser, de s’exprimer et de rallier à sa cause. La salle archi-bondée lors du 1er sommet de la vape en témoigne. Il y avait des vapoteurs et des professionnels, mais aussi des professions médicales et des journalistes.

Pour enfoncer le clou, en fin de semaine, la FIVAPE a lancé son projet vape.fr avec une campagne de publicité sur plusieurs chaînes de télévision. Le message est clair, essentiellement axé sur les usagers, alors que la Fédération aurait quantité d’autres messages à délivrer sur les produits et son identité : “Aujourd’hui en France, nous sommes 3 millions à vapoter, continuons d’en parler”. Arrivé sur le site Internet, on trouve la phrase “Le lancement médiatique de ce projet est financé par la FIVAPE (Fédération Interprofessionnelle de la Vape), mais il sera ouvert à toutes les parties prenantes afin d’assurer toute la transparence nécessaire à une problématique de SANTÉ PUBLIQUE qui dépasse largement les intérêts économiques des fabricants et des commerçants.”

La vape entre désormais dans le champ de la réduction des risques (RdRD)

Ce sont les mots de Benoit VALLET (voir vidéo ci-dessous), Directeur Général de la Santé, qui a fait le déplacement. Il connait bien évidemment toutes les autorités et associations présentes sur le sommet : CNCT, HCSP, DNF, SOS ADDICTION, FÉDÉRATION ADDICTION, PARIS SANS TABAC, FÉDÉRATION FRANÇAISE D’ADDICTOLOGIE, TABAC ET LIBERTÉ, SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE TABACOLOGIE, RESPADD, ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE, AIDUCE, FIVAPE, INC, OFDT. On regrette évidemment l’absence de Michèle Delaunay, présidente de l’ALLIANCE CONTRE LE TABAC, car tout le monde était là, même les plus farouches “opposants”, à priori.

Marisol Touraine n’a pas fait le déplacement, mais il est inimaginable que le Directeur Général de la Santé n’ait pas été directement diligenté par la ministre sur l’évènement. C’est un signe fort. Le signe d’une prise de conscience, d’un dialogue qui pourrait s’ouvrir. Enfin.

La réduction des risques a été le thème de toutes les interventions. Quels que soient les doutes émis, même chez les plus réfractaires, le consensus est total sur ce point : il faut conseiller à tous les fumeurs d’essayer la e-cigarette pour arrêter de fumer. L’image de la vape a radicalement changé. Les seuls points qui prêtent à discussion relèvent de problématiques sociétales, c-à-d la place de la vape dans la société. Sachant que l’innocuité probable de la vapeur “passive” est admise par tous, et que l’effet passerelle vers le tabagisme, notamment par les jeunes, est également écarté, notamment par une étude récente de Paris Sans Tabac.

> Conclusions du sommet de la vape

Un écho médiatique inédit et positif !

Attention ! À part PourquoiDocteur? sur France 5, aucune télévision n’a repris les infos suite au sommet de la vape. Au niveau de l’AFP, le communiqué a également été refusé. Regret aussi, malgré la présence des caméras de TF1 au sommet de la vape, le reportage du soir n’en parlera même pas (!) préférant le sujet négatif de la TPD. Regrettable aussi, l’absence de France2.

Cependant, de nombreux titres ont repris les conclusions et les messages forts émis par les conclusions du sommet : Le JDD, Le Point, MetroNews, France Soir… Et plusieurs journalistes avaient fait le déplacement et ont écrit des articles très intéressants, poussant la réflexion, bien au-delà de simples copier/coller : Libération, Le Figaro, Sciences & Avenir, Paris-Match

Il y a donc désormais plusieurs journalistes dans des grands titres nationaux qui ont saisi la profondeur du sujet, et qui sauront, désormais, certainement, suivre l’évolution des débats et des réglementations avec une réelle acuité. Ils seront sûrement beaucoup plus sensibles et disponibles aux informations qui remontent du monde la vape, que ce soient en provenance des professionnels de santé, des associations, des vapoteurs, des professionnels du secteur.

Confiance et vigilance

Même si l’image de la vape a clairement changé et que son statut semble avoir évolué auprès des plus hautes autorités de santé, rien n’est gagné, et nous partons certainement de trop loin pour imaginer totalement se réjouir à la publication des ordonnances et décrets de la santé. Ne rêvons pas…

Mais prenons date, et attendons des signes clairs de bonne volonté, dès les prochains jours. Il y a suffisamment de marge de manœuvre dans l’interprétation possible des textes pour permettre au gouvernement d’adresser des signes positifs.

La Direction Générale de la Santé a promis la mise en place, très rapidement, d’un groupe de travail sur la vape. Espérons que ce groupe s’ouvrira largement à toutes les parties prenantes. Et surtout, sans oublier les vapoteurs, Aiduce et autres… Les usagers sont au cœur d’une lutte contre le tabac inédite, et qui n’a jamais disposé d’un socle aussi populaire. C’est une chance inouïe. Un levier considérable pour mener un combat qui pourrait sauver des millions de vies. C’est historique.

Les vapoteurs doivent également rester totalement vigilants sur des éventuelles mesures fiscales qui se profilent déjà au niveau de l’Europe. Il est bien entendu inacceptable d’envisager la moindre taxe sur les produits du vapotage. Si les baisses des ventes de tabac font perdre des revenus à Bercy, c’est dans les économies en dépense de santé qu’il faudra rechercher les équilibres, ou taxer encore plus les industriels.

Cocasse, le lobby du tabac qui pleurniche !

Hier, sur son site Internet de propagande, l’industrie du tabac s’est émue que la Direction Générale de Santé reçoive les professionnels de la vape, et pas eux ! Auraient-ils peur ? Peut-être, car pour la première fois, c’est le consommateur empoisonné / emprisonné, qui a trouvé une solution pour briser ses chaînes. Et ça c’est vraiment nouveau. Historique aussi.

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Merci à Yannick Driever© pour la photo.

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Première vidéo disponible sur le 1er Sommet de la vape : intervention et échange avec le public de Benoit VALLET, Directeur Général de la Santé :

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