Pour atteindre son objectif de moins de 5% de fumeurs en 2025, la Nouvelle Zélande mise sur la vape avec une grande campagne de publicité soutenue par le ministère de la santé.

En matière de lutte contre le tabagisme, le parcours de la Nouvelle Zélande est vraiment étonnant. Les gouvernements ont toujours été très impliqués, parmi les premiers à appliquer les mesures coercitives au début des années 2000, sur le modèle de leur voisin australien : interdiction de fumer dans les lieux publics, augmentation des prix des cigarettes.

Il y a 5 ans : les e-liquides avec nicotine étaient interdits à la vente en Nouvelle Zélande

En 2011, le gouvernement a lancé un objectif “sans fumée” pour 2025, concrètement, passer à cette date sous les 5% de fumeurs. Lorsque la vape est arrivée, le pays a été intransigeant, conforme à l’approche punitive qui était alors sa philosophie. Les e-liquides avec nicotine ont été interdits à la vente, au grand désarroi des fumeurs et néo-vapoteurs.

Changement de ton en 2017

Le réalisateur du documentaire A Billion Lives, Aaron BIEBERT, souligne régulièrement que son film a provoqué un électrochoc en Nouvelle Zélande. D’autres acteurs, de santé notamment, se sont battus pour faire reconnaître le potentiel du vapotage afin de lutter contre le tabagisme.

Pragmatiques, les autorités de santé ont donc changé leur fusil d’épaule. En 2017, l’interdiction de vente de e-liquides a été levée. Et on a commencé à voir un discours plus positif.

“Aujourd’hui, la Nouvelle-Zélande a fait un grand pas en avant et devient leader en reconnaissant la réduction des risques et en dépassant l’esprit étriqué de ceux qui espéraient bannir le vapotage”, exulte QJ Satchell, président de la New Zealand Vaping Alliance.

Cet extrait est tiré de cet article sur Vapolitique : [Heure d’été] La Nouvelle-Zélande légalise le vapotage nicotiné pour en finir avec le tabagisme d’ici 2025.

En 2019, est apparu un site Internet dédié au vapotage, dans le cadre du plan 2025 et soutenu par le ministère de la santé : VAPING FACT. Le but est de dire la vérité et de rassurer la population sur le vapotage. Aujourd’hui encore, c’est une première mondiale.

Une réglementation stricte en 2020

Pour les autorités de santé néo-zélandaises, l’objectif de 2025 doit être atteint. Le potentiel de la vape pour y parvenir n’est plus remis en doute, mais une nouvelle réglementation vient l’encadrer très strictement : interdiction de vente aux mineurs, législation spécifique pour les professionnels de la vape, et limitation de la publicité.

A l’époque, cette nouvelle législation avait soulevé de nombreuses critiques. Certaines mesures paraissant aller à l’encontre de l’essor du vapotage. Article très complet et documenté ici : Le ministère de la santé néo-zélandais présente son nouveau règlement du vapotage.

L’interdiction de publicité en particulier, inquiétait les spécialistes, en risquant de renforcer la défiance du public. Et ils avaient sans doute raison, si la population restait alors seulement soumise aux médias alarmistes et aux ayatollahs anti-vape (car il n’est pas interdit de raconter n’importe quoi sur le vapotage).

Des autorités de santé qui prennent leurs responsabilités

Lancement d’une campagne de publicité pour inciter les fumeurs à essayer le vapotage. C’est le dernier évènement en date et il fait écho à ce qu’il se passe de nombreux pays, notamment en France. Car, en effet, si la publicité ou la “propagande” se retrouvent interdites, il n’y a plus, de facto, que les autorités de santé qui peuvent communiquer. Et si elles ne le font pas, la population se retrouve à la merci des médias et des anti-vape qui ont n’ont pas interdiction de communiquer contre, même en racontant n’importe quoi.

Mais en Nouvelle Zélande, les autorités prennent leurs responsabilités et une grande campagne de communication a été lancée, soutenue par le ministère de la santé : TV, radio, affichage, réseaux sociaux (voir ici toutes les ressources médias). Les publicités TV passent en prime-time, un nouveau site Internet a été mis en ligne : QUIT STRONG.

Le slogan général ne souffre d’aucune ambiguïté : Vape to quit strong. Vapez pour arrêter de fumer. Comment faire plus clair ? Bien entendu, tout le dispositif est traduit en maori, car cette population est beaucoup plus durement touchée par le tabagisme avec encore plus de 38% de fumeurs contre seulement 11% en général.

Oui 11% de fumeurs, seulement, déjà. La Nouvelle Zélande n’est plus très loin de son objectif de 5% en 2025, et il y a là-bas, sans doute, des gouvernants et une administration suffisamment honnêtes et exclusivement préoccupés par la santé de leur concitoyens.

Comme quoi il existe des pays capables de comprendre que la coercition n’est pas une religion, qu’elle a ses limites, et que le vapotage est une opportunité historique.

Un autre monde.

 

 

 

 

 

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