L’affaire a fait le tour des réseaux sociaux aujourd’hui, un buraliste et sa confédération, qui attaquaient une boutique de e-cigarette, ont été retoqués par la cour de cassation.

L’histoire avait commencé en 2014, un premier épilogue est racontée ici, dans un magazine économique, et là sur un blog de vape, vous pouvez lire ici la publication officielle de la cour de cassation.

Concurrence déloyale

Le débitant de tabac, appuyé par sa confédération reprochait donc à une boutique de cigarettes électroniques de lui faire une concurrence déloyale. La formulation avait clairement pour objectif de faire classer les produits de la vape dans la catégorie stricto-sensu des produits du tabac.

Raté. Le tribunal a estimé que la cigarette électronique n’est ni un produit du tabac, ni un médicament. Seulement voilà, nous nous retrouvons dans une situation pour le moins inédite, car le 20 mai dernier, une loi est quand même passée, avec des mesures concernant la e-cigarette, issue d’une directive européenne sur le… tabac. Schizophrénie.

Mais l’affaire n’est pas finie, la cassation n’est que partielle…

C’est du tabac, ça n’en est pas ?

Le député Bernard ACCOYER a posé une question au ministère des affaires sociales et de la santé, il y a quelques jours. Il s’étonne que la cigarette électronique soit soumise à des règles aussi contraignantes que le tabac, alors que ça n’en est pas… On se demande d’ailleurs au passage qui a pu « stimulé » cette question.

Bien sûr, c’est l’Europe qui a imposé la transposition de la directive, mais le gouvernement français a alourdit la réglementation, notamment sur le vapotage dans les lieux publics et/ou fermés, et ainsi qu’en matière de publicité et de « propagande », ce vilain mot dont personne ne sait exactement ce qu’il veut dire et jusqu’où il permettra d’aller, ou pas.

Le Brexit a sonné l’alarme, les peuples en ont marre de s’entendre dire : « C’est pas logique, il n’y a aucun bon sens aux décisions que l’on prend, mais c’est normal, vous êtes trop cons ou pas assez (in)formés pour comprendre… »

Disons le clairement : vaper n’est pas fumer, la vape n’a rien a faire dans une loi sur le tabac. Point. Il faut réviser ça de toute urgence. C’est une question de santé publique, et cette affaire de « concurrence déloyale » porté par un buraliste contre un commerçant de la vape en est l’effrayante illustration.

Éthique et morale : une démarche surréaliste

Sur la forme, pour le buraliste et sa fédération, il y avait un coup à tenter. Hypothétiquement, juridiquement, légalement, commercialement, peut-être… légitime.

Mais que veut dire la démarche du point de vue éthique et moral, que comprennent, en particulier les vapoteurs, tous ex-fumeurs, sortis des griffes de la mort (prématurée) grâce à la vape. Qu’entendent les familles de ceux qui voient leurs proches mourir subitement, ou dans d’atroces souffrances :

Un commerçant qui vend un produit mortel une fois sur deux, reproche à un autre d’avoir l’outrecuidance de lui « piquer des clients » pour leur vendre une alternative qui pourrait leur permettre de s’en sortir.

Le message est clair, ou du moins pris comme tel : nous souhaitons freiner le commerce de la vape, pour que les gens continuent à fumer, pour continuer à faire vivre nos commerces. Les intéressés pourront se défendre « Non-non, c’est pas ça qu’on veut dire », mais c’est ça qu’on comprend, désolé. Et c’est ça qu’on entend, malheureusement, trop souvent, avec les buralistes, et particulièrement par la voix de leur confédération, à chaque fois que des mesures sont prises ou annoncées pour réduire les ventes de tabac.

Malédiction et compassion

Pour la veille d’information sur la vape et le tabac que je tiens sur la page Facebook de VAPYOU, je suis abonné à des alertes Google. Pour info, tous les jours, je dis bien, tous les jours, il y a des attaques sur des bureaux de tabac, attaques à main armée, attaque à la voiture bélier… Sincèrement, le métier est dangereux !

Contrebande. Oui, il y a de la contrebande. Et oui, ce n’est pas normal qu’une partie des ventes échappe aux buralistes, alors qu’ils ont le statut de préposés de l’administration pour débiter en exclusivité les produits du tabac. Quel autre système envisagerait-on en cas de légalisation du canabis ?

Imaginons, enfin, que la vape, ou que tout autre « remède » vienne à sortir du tabagisme 10%, 20 %, 50% des fumeurs. Alors que le chiffre d’affaires tabac de certains buralistes est vital, dépassant la moitié de leurs revenus, parfois plus. Oui, oui et re-oui, c’est un problème, économique, voire social, quand le débitant de tabac est le dernier commerçant « vivant » dans certaines petites communes, et qu’il offre d’autres services.

Et alors ?

Maudits soient les bubu ! Voici l’écho dans les réseaux sociaux, et j’avoue que j’y participe. Mais ce genre de démarche, pour en revenir à cette affaire de buraliste contre une boutique de vape, ne peut que jeter de l’huile sur le feu. N’est-ce pas ?

Et quand l’État met en place le « plan d’avenir », avec 300 millions d’euros d’aides aux buralistes par an. Qu’on s’entend dire que ce n’est pas suffisant, alors que l’on sait bien que le système est mal ficelé et privilégie les nantis et les malins en faussant tout l’esprit de la démarche… Est-ce que ça n’attise pas les esprits ?

Et la laxisme évident face à la vente aux mineurs. Un jeune sur trois qui fume, une recrudescence des ventes de tabac à rouler que l’on constate dans les chiffres officiels, donc hors contrebande ! N’est-ce pas révoltant ?

Pourtant… Je passe souvent devant la vitrine de mon ex-buraliste, je n’y ai pas mis les pieds depuis plus de trois ans. Il a bien vu que je me suis mis à vaper. Si nos regards se croisent, on se sourit et on se salue avec plaisir…

On est juste des Hommes. Des petits Hommes…

Diviser pour mieux régner…

C’est vieux comme le monde. Bien entendu, l’industrie du tabac, encore, est derrière tout ça. C’est elle qui tient toutes les parties prenantes. Par les « parties » justement.

Buralistes et États. Les uns accrochés à leur commerce, leur source de subsistance, et les autres à leurs budgets court-termistes, ces équilibres mortels, totalement déshumanisés, comme si les populations n’étaient que du bétail et des chiffres…

A quand la raison ? A quand le combat contre les vrais responsables ? Ceux qui se taisent, ourdissent et manipulent en coulisse, engraissent des barons manipulateurs et intoxiquent les poumons du peuple et le cerveau de ses gouvernants.

Qui va enfin taper du poing sur la table ?

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