Vapexpo 2017, près de 10 000 visiteurs ! Et sur toutes les lèvres, fabricants, commerçants et vapoteurs, le même leitmotiv : mobilisons-nous pour aller chercher et aider les fumeurs…

A chaque édition du VAPEXPO, un sentiment général se dégage. L’an dernier alors que la loi de santé venait de passer, l’affluence avait été record, comme pour dire « jamais vous ne briserez l’élan de la vape ». Cette année, malgré les contraintes, la vape est toujours là, plus dynamique que jamais. Et l’état d’esprit est en train de revenir aux fondamentaux, la raison d’être intrinsèque de la vape : aider les fumeurs !

A ceux qui pensaient que le plan tabac du nouveau gouvernement visait à aider les fumeurs…

Les premiers signaux n’étaient pas encourageants, mais l’espoir fait vivre, Agnès BUZYN promettait depuis cet été un nouveau plan tabac pour fin septembre. Désillusion. Les mesures annoncées ne visent absolument pas à aider les fumeurs. Le « plan » est essentiellement financier. Il est porté par la ministre de la santé et le ministre de l’action et des comptes public, autrement dit : le budget. Alors ? Augmentation des prix du tabac. Objectif 10€ en trois ans. Mais avec des paliers. Tous les spécialistes sont d’accords, jamais ce ne sera aussi efficace que le plan Chirac pour réduire la consommation.

Tromperie. Si la ministre de la santé a fait le tour des médias pour annoncer une mesure de santé publique, son collègue du budget, lui, ne cache pas le véritable objectif : augmenter les recettes fiscales de 500 millions d’euros. Tout est clair lorsqu’on regarde ces vidéos captées en commission parlementaire : DARMANIN avoue à contre-cœur l’inefficacité de la lutte anti-tabac. Certains parlementaires regrettent même que l’argent ainsi récolté n’aille que principalement dans les caisses de l’assurance maladie au lieu de gonfler vraiment le budget de l’État. Spatial…

Autre priorité, rassurer les buralistes. Alors que les associations de la vape et de la réduction des risques demandent audience à la ministre de la santé et ne reçoivent aucune réponse, les buralistes, eux, sont reçus au mois de juillet sous les ors du ministère par Agnès BUZYN en personne (oui oui !!). Il s’agit donc de les rassurer face aux hausses de prix annoncées. Gageons que l’explication leur aura été faite que les augmentations se feront par étapes de manière à ce que les fumeurs « s’habituent » au changement de prix. Ils seront à nouveau reçus en septembre au ministère de la santé et Gérald DARMANIN co-signera le communiqué « plan tabac » en insistant bien sur tout l’intérêt porté au business des buralistes, notamment la lutte sur la contrebande. A aucun moment nous n’entendrons parler de mesures fortes ou même de rappel à la loi concernant la vente de tabac aux mineurs.

Voilà donc le plan tabac made in « En Marche » : augmenter les taxes au motif que le tabagisme coûte cher à la sécu, donc faire payer les fumeurs. Logique, pragmatique, normal. Au niveau de l’opinion, ça passe très bien, ils le savent, les fumeurs ne sont que des cons, responsables de leur addiction, s’ils veulent arrêter de payer, ils n’ont qu’à arrêter de fumer. C’est si simple.

Donc, dans le plan tabac du gouvernement, il n’y a aucun volet pour « aider les fumeurs », rien. Strictement rien. Agnès BUZYN insiste même : « il faut laisser aux fumeurs le temps de se préparer à l’arrêt… ». En d’autres termes, surtout n’arrêtez pas trop vite (ça nous arrange pas, on vous expliquera, c’est à cause de l’argent…). Ce « laisser le temps aux fumeurs » est une merveille d’hypocrisie, il fallait oser. Je me demande s’il ne faudrait pas que j’envoie une lettre d’excuse au ministère des finances pour m’être autorisé à arrêter de fumer d’un coup, immédiatement, avec la vape ?

La vape se met « en marche » pour aider les fumeurs !

La nature a horreur du vide, la vapeur aussi. Face à l’inconséquence des politiques, les citoyens et les acteurs économiques prennent le relais. Le monde de la vape se mobilise pour aider les fumeurs.

Du côté des vapoteurs, les réseaux sociaux s’agitent depuis quelque temps. Il y a des frictions de plus en plus fréquentes entre des ultra-vape mono-centrés sur leurs machines à vapeur et de nombreuses personnes qui aimeraient qu’on se re-concentre sur l’entraide et le support aux fumeurs qui veulent essayer la vape. De nombreux vapoteurs souhaitant aider les fumeurs se sont d’ailleurs « rabattus » sur le groupe Facebook Je Ne Fume Plus, qui est un espace d’entraide qui accueille tout le monde, que l’on choisisse la vape ou n’importe quelle autre méthode pour tenter d’arrêter de fumer.

Chez les commerçants, ça fait de longs mois déjà qu’ils réclament une approche marché qui s’oriente mieux vers les « primo ». Type de matériels, dosages en nicotine, en effet les fabricants se sont un peu égarés ces deux dernières années dans des courses à la puissance et grosses vapeurs qui ne correspondent absolument pas aux besoins des fumeurs pour bien démarrer la vape. Parallèlement les commerçants sont vraiment montés en compétence pour l’accueil des fumeurs. Formations, contacts avec des professionnels de santé, implication… le niveau n’a vraiment plus rien à voir avec les débuts de l’explosion du marché de la e-cigarette. Le nombre de points de vente s’est stabilisé, les meilleurs professionnels ont résisté aux soubresauts de l’activité. Désormais, les boutiques de vape sont pour une grande majorité de véritables espaces « sacrés » et très pro où le fumeur est renseigné, rassuré et accompagné très sérieusement. À lire ici comment ça se passe chez Nathalie Rogeboz ou Patricia Côme.

Pour ce qui est des fabricants, le VAPEXPO a été le théâtre d’un nouveau virage. J’ai beaucoup discuté, essentiellement avec des acteurs français, ils ont tous le même discours : « Notre priorité : aider les fumeurs ». Ils proposent des matériels spécialement dédiés aux « primo », simplicité d’utilisation, tirage serré, faible puissance. De nombreuses innovations se font concurrence. Côté liquides les gammes se reconstruisent, certains fabricants proposent même une lecture « expert / débutants », entre saveurs complexes et plus simples. Nouveauté aussi, l’arrivée de liquides aux « sels de nicotine » qui permettent de proposer des taux les plus élevés possibles (20 mg/ml) mais en atténuant le « hit », idéal pour des matériels de petites tailles à faible puissance et tirage très serré. C’est aussi une réponse pour tenter de réduire la consommation quotidienne de liquide. Cela questionne niveau santé, et c’est plus prosaïquement une manière de contrer la limitation des flaconnages à 10 ml facteur de création d’un seuil de prix assez insupportable (on trouve des liquides à 3 fois moins cher à l’étranger grâce à des gros conditionnements). Au niveau du marketing, les packaging s’assagissent aussi, pour viser un plus grand public.

La vape : entre business et philanthropie…

La vape est pourtant un mix extrêmement vertueux : santé publique, société civile, potentiel économique… Tout pour plaire à notre président MACRON s’il n’était entouré de sbires qui lui cachent l’information. Sinon, je ne vois pas où ça bug.

La plupart des professionnels de la vape sont d’anciens fumeurs. L’envie d’aider leurs anciens coreligionnaires leur tient aux tripes. Ils sont sincères. Mais ne soyons pas naïfs, il s’agit aussi de business, et franchement tant mieux. Si les acteurs de la vape peuvent se développer au maximum pour être plus forts, vraiment tant mieux ! Il existe encore en France un véritable rempart face à l’industrie du tabac qui voudrait se saisir du marché. Que les indépendants de la vape puissent résister, c’est une excellente nouvelle. Un véritable salut sanitaire.

Même si le gouvernement ferme les yeux sur le potentiel de la vape, elle va certainement se développer à nouveau très fortement dans les mois qui viennent. Et très vite ! À commencer par le Mois Sans Tabac. L’an dernier, même si le contenu de l’opération a été unanimement jugé trop timide par tous les spécialistes, le Mois Sans Tabac a malgré tout créé un formidable appel d’air pour les boutiques de vape. La leçon a été retenue, cette année, les professionnels se tiennent prêts et ils n’hésiteront pas à rebondir sur l’évènement pour développer leur chiffres et accueillir de nouveaux clients.

Et l’augmentation des prix ? La vape risque bien de troubler les petits calculs mesquins et cyniques du gouvernement ! En effet, si en approche uniquement coercitive les paliers de hausse sont estimés insuffisants par les spécialistes, grâce à la vape, cela pourrait prendre une autre tournure. Garder le plaisir, garder le geste, garder la nicotine… la e-cigarette est une révolution pour aider les fumeurs à arrêter la cigarette. D’après les derniers chiffres, on est presque à deux millions de vapoteurs, tous évidemment ex-fumeurs. Alors même si la directive européenne a contribué à bloquer les prix sur les e-liquides, les augmentations de prix sur le tabac vont de nouveau creuser l’écart. C’est une véritable opportunité pour toute la filière. Il est possible que DARMANIN déchante dans quelques mois…

Mobilisation générale pour aider les fumeurs !

Toutes les conditions sont donc réunies aujourd’hui pour que la vape réalise une nouvelle percée. Tous ensemble, vapoteurs, commerçants, fabricants, c’est le moment de se mobiliser. Bien sûr, il y a et il y aura toujours des « frictions » sur certains sujets, mais globalement, quand on voit l’ambiance au dernier VAPEXPO, on est tous d’accord : allons chercher les fumeurs !

Depuis des décennies en France, les décideurs, les politiques et les autorités enregistrent un bilan catastrophique sur la lutte contre le tabagisme. Et c’est donc la société civile – citoyens et acteurs économiques – qui va faire le job. Quelle honte. Quelle fierté !

PS : les associations vape se bougent pour défendre les droits des vapoteurs et faire évoluer les points de vues et les réglementations. C’est très long, ce n’est pas toujours immédiatement visible, beaucoup de back office. Elles ont besoin de soutien :

Merci !