Soupçon. L’industrie pharma pourrait passer commande auprès d’un site putaclic pour dénigrer la vape et vendre ses produits en trompant les fumeurs…

Modèle économique. De nombreux sites Internet ne se financent que par la pub. L’objectif est de diffuser le plus de contenu possible, créer du buzz, provoquer des partages et des affichages. Plus le site est visité, plus les pub s’affichent, plus le site gagne de l’argent.

Certains média, historiquement “papier” essaient de rester dans le vrai journalisme et tente de gagner de l’argent avec les annonceurs en publiant de l’information en respect d’une ligne éditoriale avec un minimum d’éthique. Certains titres, par contre, se laissent aller aux dérives du putaclic en s’abonnant à des agences spécialisées qui ne produisent du contenu que dans l’objectif de créer du trafic au mépris de toute déontologie. Les vapoteurs ont ainsi repéré quelques quotidiens régionaux adeptes de la pratique, et régulièrement montrés du doigt pour la diffusion de fake news sur le vapotage. Et bien sûr, il existe une ribambelle de sites putaclic sans aucun historique uniquement dédiés à la captation de visiteurs et d’annonceurs.

Voici le principe de fonctionnement…

Créer un article pour faire le buzz sur le vapotage

Le but est de créer du buzz. Avec le vapotage, c’est facile, il suffit de créer de la peur. Pour cela, une petite fouille rapide sur Internet pour trouver une étude négative. On résume rapido, on met en exergue sans aucune profondeur et on essaie de sortir la news qui fait vraiment flipper. Voilà donc un super titre “Les cigarettes électronique à base de nicotine aussi dangereuse pour le cœur”. Et plus loin dans le texte, on trouvera aussi “Le vapotage serait aussi dangereux que la traditionnelle cigarette !”

Utiliser les mot-clefs qui vont bien “cigarette électronique” et “nicotine”

C’est là que ça devient plus fin. L’objectif est de créer un texte parfaitement calibré sur les mot-clefs. Quel mots clefs ? Ceux qu’un annonceur potentiel est prêt à “acheter”. C’est le principe de toutes les plateformes de pub online. Si je vends des glaces à la fraise et que je veux faire de la pub pour mes produits, je vais indiquer que je suis prêt à payer pour afficher mes annonces sur les pages de contenus qui parlent de glace à la fraise.

Mais pas seulement ! En effet, je peux me dire aussi que mes glaces à la fraise pourraient intéresser les personnes qui aiment les glaces au citron, donc j’achète aussi. Et puis, pourquoi pas, je pourrais aussi “cibler” toutes les pages qui parlent de desserts en général, etc… C’est un vrai job, trouver le public cible, à partir de ses centres d’intérêt.

Jusque-là, on peut dire que “c’est le jeu”. De l’offre et de la demande, et le système que je décris est une sorte de grosse usine ou les acheteurs et les vendeurs ne se connaissent pas, ce sont des places de marché, on achète des thématiques. La plupart du temps (même s’il peut), l’annonceur ne cherche pas à savoir exactement sur quels sites sont publiées ses publicités. Et les sites (même s’ils peuvent) ne cherchent pas non plus à savoir qui sont les annonceurs, tant qu’il y en a tout va bien.

Sur ce type de système, les annonces sont graphiques ou textuelles, elles sont formatées et elles apparaissent en haut, en bas, dans le texte ou sur les côtés. Il y a généralement plusieurs annonceurs différents sur une même page, c’est géré par des algorithmes.

Opération spéciale entre un site putaclic et l’industrie pharma

Mais sur l’image que l’on voit en tête de cet article, il est difficilement imaginable que nous soyons sur une de plate-forme de publicité automatisé. Sur cet exemple, il n’y a qu’un seul annonceur. C’est ce qu’on appelle un “habillage de page“. Cela se passe en géneral dans le cadre d’un contrat spécifique, une opération montée de A à Z. L’article est écrit sur mesure et l’habillage est également conçu sur mesure. Il y a propablement une entente totale entre le site Internet et l’annonceur.

Donc c’est clair. Sur cette opération, le vendeur de substituts nicotiniques a certainement passé commande d’un article qui dénigre volontairement la vape pour afficher sa pub. Les infos alarmistes et les mot-clefs servent à créer du trafic (référencement, buzz / partage réseaux sociaux), le contenu sert à tromper le lecteur, tout ça pour tenter de l’orienter vers les produits de la pharma.

Le mécanisme est honteux, le slogan affiché au dessus de l’article qui dézingue la vape est révélateur ; “Et vous, qu’allez vous commencer quand vous arrêterez de fumer ?”

Aujourd’hui en France, la publicité pour le vapotage est totalement prohibée. Par contre la diffusion de fake news, très probablement commanditée par l’industrie pharma avec la volonté de tromper les consommateurs, est donc parfaitement autorisée.

RAPPEL : signez la pétition contre les taxes sur la vape. Demain, il sera trop tard…