Fumer moins, c’est bien, peut-être pour démarrer… Mais rester vapofumeur avec une consommation mixte vape / tabac peut devenir un véritable piège sur la durée…

Le mot “vapofumeur” n’est pas encore entré dans le dictionnaire, mais il alimente tellement de débats que ça pourrait bien ne pas tarder. Si l’on s’en tient aux chiffres régulièrement publiés, les vapofumeurs seraient d’ailleurs beaucoup plus nombreux que les vapoteurs. En effet, il y aurait deux millions de personnes qui vapent en France et seulement 400 000 qui ont complètement arrêté le tabac (chiffres INPES). Donc, en toute logique mathématique, les vapoteurs seraient en majorité des vapofumeurs. A vérifier quand même…

Fumer moins, c’est déjà pas mal ?

La plupart des fumeurs qui ont envie d’arrêter sont passés par là. Essayer de moins fumer. Déjà ça sera un progrès. On absorbe moins de produits toxiques, en particulier du goudron. La respiration peut s’améliorer, parfois même de manière spectaculaire si on réduit vraiment beaucoup. Et surtout, cela permet d’entrer dans une dynamique positive de réduction du tabagisme, pour se rapprocher de l’objectif d’un sevrage complet.

Plusieurs études démontrent qu’essayer la cigarette électronique, permet de réduire plutôt facilement le nombre de cigarettes dans une journée. D’après l’INPES, ce serait une moyenne de neuf cigarettes en moins. Le vapofumeur s’octroie donc quelques avantages en réduisant sa consommation de tabac fumé.

Mais vaper ET fumer, c’est rester fumeur !

En termes de santé, il n’y a vraiment pas de débat là-dessus, la durée des années de consommation de tabac a beaucoup plus d’impact que la quantité. En clair, un vapofumeur s’expose toujours aux dangers de la cigarette, il est donc toujours fumeur. Avec une seule cigarette par jour les risques cardiovasculaire restent considérables, on continu d’absorber du goudron et des milliers de produits toxiques.

Avec la vape, on conserve la nicotine, le geste et le hit (sensation de fumer). Mais en restant vapofumeur on n’obtient pas les autres avantages d’un arrêt complet du tabac, que ce soit sur la santé, mais aussi sur l’odeur du corps et des vêtements, le retour du goût, de l’odorat, et surtout le plaisir et la fierté de se dire “j’ai arrêté de fumer” !

En restant vapofumeur, on ne se dégoute pas du goût du tabac. On reste donc toujours (un peu ou beaucoup) fumeur dans sa tête et dans son corps. Et surtout, réceptif. Qu’on s’autorise à en griller une, ou plus, selon les circonstances, on peut facilement déraper, en soirée, en vacances, parce que la cigarette électronique, c’est pas pratique, et finalement… recommencer à fumer comme avant.

Attention, l’industrie du tabac guette les vapofumeurs

Dans les publicités des marques de cigarettes électroniques (cigalike) qui sont détenues par l’industrie du tabac et vendues exclusivement chez les buralistes, le message est clair : pour fumer moins, vapotez de temps en temps. De plus, les produits sont de piètres qualité (technologies obsolètes depuis plusieurs années) afin de décourager les fumeurs qui essaient.

Si le vapoteur exclusif est probablement définitivement perdu pour le marché du tabac, le vapofumeur reste une cible captive, un fumeur qui visite régulièrement son buraliste. L’industrie du tabac reste toujours en embuscade, prête à refermer son piège sur le vapofumeur…

Et pour commencer à vaper ?

Il y deux écoles sur le démarrage de la vape, en consommation mixte ou en arrêt immédiat. Voici un article qui traite le sujet pour vous aider à décider : Arrêt immédiat ou progressif ?

Plus d’info :

Une très bonne page d’information sur le site de la Fédération de Cardiologie qui explique bien les l’ensemble des mécanismes liés au tabac, même à des très faibles niveaux de consommation. Cela concerne donc le vapofumage :

> Action du tabac sur le cœur et les vaisseux

Mickael Siegel, professeur à l’université de Boston s’intéresse particulièrement au phénomène consommation mixte du vapofumeur :

> Étude sur les vapofumeurs