Ce matin, Santé Publique France a publié son BEH, qui, comme chaque année à la veille de la Journée Mondiale Sans Tabac, est consacré au tabagisme.

Le BEH (Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire) est publié chaque semaine le mercredi. Parfois, souvent, il est communiqué quelques jours à l’avance à la presse “sous embargo”. C’est une pratique courante qui permet aux journalistes de préparer leurs articles pour le jour de la sortie officielle.

C’est donc un outil de communication très puissant car le contenu est tenu “secret” jusqu’au dernier moment. Les médias se font la gue-guerre pour être les premiers à sortir l’info si il y a matière à traiter de “belles annonces”. Pour ceux qui veulent éventuellement réagir, forcément ils arrivent après la bataille, l’info est largement diffusée. C’est toujours trop tard.

Autant dire que qui à “la main” sur le BEH de Santé Publique France dispose d’un grand pouvoir : un accès très privilégié à la presse pour diffuser un message. Qui sera à coup sûr relayé, et sans contradiction.

Santé Publique France : beaucoup, énormément de travail

En charge de la veille santé sur tous les sujets, il y a beaucoup de travail à Santé Publique France. Autant dire que l’épisode du Covid a dû particulièrement “booker” les équipes. On peut imaginer que la nouvelle directrice Geneviève CHENE a été complètement aspirée par les évènements, en plus de sa prise de poste d’une telle agence qui doit déjà être un énorme travail.

Cela explique sans doute, que contrairement aux éditions précédentes du BEH “tabac” publié traditionnellement tous les ans avant le 31 mai (Journée Mondiale Sans Tabac), l’édito n’a pas été signé par la directrice. Effectivement, les années précédentes, c’était François BOURDILLON – directeur, qui réalisait l’édito.

Intérim : Loïc JOSSERAN, président de l’Alliance Contre le Tabac

Il est imaginable, et pas anormal vu la situation, que pour se décharger, la direction de Santé Publique France ait pu rechercher de l’aide. Et confier donc l’exercice de l’édito à un “spécialiste”. Jusque là, il n’y rien de choquant. Même pas choquant non-plus que l’intérim ait pu être confié à Loïc JOSSERAN, le président de l’Alliance Contre le Tabac.

L’Alliance est l’organisation qui en regroupe de nombreuses autres (d’où le nom) et sur le dernier fond addiction, elle a bénéficié d’un tiers du montant global des subventions, soit 4 millions d’euros. Son statut de “leader” de la lutte contre le tabagisme est indéniable.

Il n’est pas étonnant que la présidente de Santé Publique France puisse accorder sa confiance au président de l’Alliance Contre le Tabac pour l’édito du BEH qui influencera les gros titres dans les médias.

Vapotage : mensonge par omission

Voilà le travail : Lutte contre le tabac : une prévention à réinventer sans cesse – par Pr. Loïc Josseran – Département hospitalier d’épidémiologie et de Santé publique, Hôpital Raymond Poincaré, APHP – CESP Inserm-U1018 Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines – Président de l’Alliance contre le tabac

Globalement Loïc JOSSERAN fait le job. Il se réjouit des données qui s’améliorent et se désole de celles qui se détériorent. Il rappelle les dangers du tabac. On sait, mais on ne va pas lui reprocher de répéter.

Puis, il parle d’ambition. De cette lutte anti-tabac en France qui remporte tant de succès. Et Loïc JOSSERAN fait la liste de tout ce qui (et a) contribue à la baisse du tabagisme en France telle que la mesure Santé Publique France :

  • paquet neutre
  • interdiction de publicité
  • interdiction des arômes
  • politique de prix
  • interdiction de vente aux mineurs
  • remboursement de la substitution nicotinique
  • Mois sans tabac

Point.

Y’a pas un truc bizarre ?

Et le vapotage ?

Pourtant Santé Publique France a elle même évalué l’impact du vapotage ces dernières années. Les données sont claires, le vapotage est l’outil d’aide le plus populaire chez les Français. Je répète : l’outil d’aide le plus populaire !!! Si on devait faire un classement, la vape serait N°1.

François BOURDILLON, l’ancien directeur l’affirme dans l’extrait ci-dessous : “C’est l’outil le plus utilisé”. Et il indique bien que ce sont les observations de Santé Publique France, c’est pas un “fantasme”. Ce sont les chiffres, les données, les études, les faits. Indiscutables.

Mais, Loïc JOSSERAN décide de passer sous silence le facteur le plus important de la baisse du tabagisme en France ces dernières années. La vape n’existe pas. Les vapoteurs non-plus. Stupéfiant !

Tromperie, nerf de la guerre au vapotage

Ça dépasse le supportable. Ras-le-bol…

Loïc JOSSERAN profite de la confiance qui lui été accordée par Santé Publique France (en toute bonne foi je pense) pour tromper à nouveau la population en utilisant la presse, via le puissant outil de communication de l’agence qu’est le BEH.

Les anti-tabac en France ont déclaré la guerre au vapotage. C’est difficile à comprendre car la vape répond pourtant à leur rêve, à leur combat : exterminer le tabagisme. C’est le meilleur outil jamais inventé, et les fumeurs ne s’y sont pas trompés, puisque c’est leur outil préféré.

Mais ça ne leur va pas. Il reste le geste (qui ne tue pas), la nicotine (qui ne tue pas), le plaisir (qui ne tue pas). Leur lutte dépasse la question de santé. Elle la proscrit même en priorisant leur vision puritaine de la lutte anti-tabac qui s’oppose à la réduction des risques. Si moins de fumeurs s’essayent au vapotage à cause du climat anxiogène qu’ils génèrent, ils s’en fichent. L’idéologie d’abord. Dans d’autres domaines, on appelle ça le fondamentalisme.

On voit bien d’ailleurs dans les nouveaux chiffres que la baisse du tabagisme est moins rapide depuis un an. Faut-il rapprocher cette décélération à la “crise” américaine de 2019 et aux exactions anti-vape de l’OMS dont Loïc JOSSERAN a été d’ailleurs un porte-étendard zélé en déclarant dans les médias qu’on avait “trouvé de l’antigel dans les e-liquides” ? La question mérite d’être posée. Les réponses commencent à se répandre dans des études récentes. Lire ici, l’alliance de circonstance contre la vape entre les anti-tabac et l’industrie du tabac fait froid dans le dos.

Qu’importe les fumeurs, qu’importe la lutte contre le tabagisme, les anti-tabac se sont fixés sur une nouvelle croisade, être sur tous les fronts pour détruire le vapotage : diabolisation de la nicotine, interdiction des arômes, instauration de taxes, interdiction dans tous les lieux publics.

Bonus : Stanton GLANTZ cité par Santé Publique France

Stanton GLANTZ est un professeur californien. C’est le “pape” des anti-vape, une “super star”. Toutes ses “études” visent à tuer la vape. Il n’a aucune limite, il est même prêt à frauder pour publier des études qui démontrent des effets négatifs qui n’existent pas.

L’affaire a fait grand bruit dans les milieux scientifiques au mois de février dernier. Après des mois de contestation de spécialistes, une étude de Stanton GLANTZ a été “rétractée” par le journal scientifique JAHA (c’est visible ici : retractation). C’est rarissime qu’une étude soit ainsi mise à l’index. Le professeur avait trafiqué les données pour faire croire que des crises cardiaques étaient provoquées par le vapotage, y compris chez les personnes qui ne vapotaient pas encore au moment de leur accident cardiaque, parfois 10 ans avant !

Cette pseudo étude avait fait la une des médias et effrayé des millions de fumeurs et de vapoteurs. Un tel niveau de contrefaçon de la science est stupéfiant, mais il a osé : tout le détail de l’affaire à lire ici.

Tout cela ne gène absolument pas Loïc JOSSERAN. Il fait référence à Stanton GLANTZ dans son édito écrit au nom de Santé Publique France. On laissera la nouvelle directrice, Geneviève CHÈNE, apprécier cette initiative qui “mouille” l’agence avec un faussaire. Moi, ce qui m’agacerait particulièrement, c’est de me sentir manipulé…

Car, c’est le cas, en “oubliant” volontairement le vapotage et en citant Stanton Glantz, Loïc JOSSERAN s’est livré à une manipulation dans les règles et qui porte atteinte à la réputation de l’agence et de sa nouvelle directrice.

Il ne reste plus qu’à espérer que la question du tabac revienne très vite entre de meilleures mains chez Santé Publique France.

Extrait [58 secondes], François BOURDILLON quand il était directeur de Santé Publique France : 

 

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