Il y a quelques mois, lors de la « première vague » du Covid, un effet protecteur de la nicotine à été envisagé par des chercheurs. Une étude devait être lancée…

Ils sont plusieurs scientifiques à avoir épluché les études disponibles qui montraient que les fumeurs étaient moins nombreux à contracter le virus par rapport à la population générale. L’un des premiers à livrer un travail approfondi a été le Dr K. FARSALINOS. Le Pr. DAUTZENBERG s’y est aussi intéressé, il s’est même rapproché des associations SOVAPE et AIDUCE pour organiser une enquête auprès des vapoteurs. Mi-avril, enfin, une publication scientifique dirigée par le Pr CHANGEUX a présenté des hypothèses suffisamment solides pour lancer une étude.

Étude : des patchs de nicotine distribués à des personnels soignants et à des patients

C’est justement à l’occasion de la publication menée par le Pr. CHANGEUX que la presse a annoncé le lancement d’une étude. L’expérience consistait à distribuer des patchs à la nicotine à des personnels soignants et à des patients hospitalisés (à des stades différents de la maladie). Dans cet article du 22 avril 2020 (La nicotine, une arme contre le Covid ?), il est expliqué que le ministre Olivier VÉRAN et son DGS Jérôme SALOMON sont très intéressés, et que même le président MACRON suivrait l’affaire de près. Il ne manquait plus qu’un feu vert pour que l’étude démarre.

Quelques semaines plus tard, Santé Publique France publiait un article sur le sujet : Analyse du lien entre tabagisme, nicotine et Covid-19 : encourager la recherche et améliorer les dispositifs de surveillance. Vigilante, pondérée et pragmatique, l’agence donnait ses recommandations et se montrait attentive et même impatiente de connaitre les résultats d’études qu’il convenait de mener en respectant des protocoles sérieux.

Les anti-tabac extrémistes contre la science

Ce potentiel effet protecteur de la nicotine, s’il a soulevé de nombreux espoirs chez certains chercheurs, a aussi provoqué une nouvelle vindicte des anti-tabac extrémistes. L’Alliance Contre le Tabac a publié, dans les jours qui ont suivi l’annonce de l’étude, un communiqué pour « déplorer » le seul fait qu’une hypothèse puisse être échafaudée. Comme à son habitude, l’organisation extrémiste manie les mots pour créer la confusion entre nicotine et tabac et elle manipule les idées pour tenter de faire croire qu’il s’agirait d’adresser un faux message aux fumeurs.

Personne pourtant n’affirmait quoi que ce soit. Les chercheurs parlaient juste d’hypothèses, et de faire le nécessaire (avec des études) pour les confirmer ou les invalider. En ce sens, les associations SOVAPE et AIDUCE avaient su rester très modérées et surtout pragmatiques dans leur communiqué suite à l’enquête menée et analysée avec le Pr Dautzenberg, appelant simplement à poursuivre les recherches : Nicotine et Covid-19 : une enquête auprès de plus de 5000 vapoteurs.

Recherches supplémentaires ? Rien de cela dans le communiqué de l’Alliance Contre le Tabac. Leur seule injonction est « de ne pas y croire ». Faire appel à la science pour vérifier ? Ils ne le disent pas. Ils prétendent même que c’est inutile dans la dernière phrase du communiqué : “Les données épidémiologiques actuelles ne permettent pas d’étayer l’hypothèse d’un effet protecteur de la nicotine”.

Leur prêche est-il parole d’évangile ? Les “croire” doit donc nous suffire. Inquiétant : quelle est leur pouvoir d’influence pour les études se mènent ou ne se mènent pas ?

Six mois plus tard, où sont donc les études ?

C’est la lecture de cet article du 3 octobre 2020 (La nicotine a-t-elle vraiment des effets bénéfiques sur le covid-19 ? – Réservé aux abonnés) qui m’a réveillé sur le sujet. La journaliste Coralie HANCOK refait un point complet et sérieux sur l’histoire. Au-delà du Covid, elle rappelle aussi très précisément d’autres faisceaux de présomptions sur l’effet positif de la nicotine pour d’autres maladies, notamment neurodégénératives : Alzheimer, Parkinson, schizophrénie, sclérose en plaque.

Dans ses investigations, la journaliste a naturellement interrogé les protagonistes de l’étude sur le Covid envisagée en France. Voici la réponse du Pr. Zahir AMOURA (ap-hp) qui a élaboré un protocole pour trois essais cliniques, afin de mesurer à la fois les effets préventif et curatif : « Compte tenu de l’évolution de l’épidémie en France, ils ne démarreront qu’en cas de reprise de celle-ci. Mais nous sommes en contact avec les États-Unis et le Brésil pour voir si ces essais peuvent y être déployés. »

Reprise de l’épidémie pour lancer l’étude ? Aller les mener aux USA ou au Brésil ? Pourquoi ? La France n’en veut pas ? On attend quoi ? Ça fait près de deux mois que l’on teste des millions de personnes et il ne serait pas encore possible de faire un travail scientifique sur la nicotine ? Pourquoi ne pas faire des questionnaires sur des centres de dépistage : êtes-vous fumeur, non-fumeur, vapoteur (avec nicotine) ou consommateurs de substituts.

Alors que le Covid est une catastrophe sanitaire, sociale et économique, en n’étudiant pas, on est prêt à piétiner une hypothèse qui pourrait peut-être aider à lutter contre une épidémie qui tue, certes beaucoup moins que le tabagisme, mais qui ruine et détruit notre société.

Espérons alors que les anti-tabac extrémistes aient raison. Que la lutte contre le tabac ou contre une épidémie peuvent se faire à l’intuition ou au feeling. Et que c’est inutile de faire appel à la science.

 

 

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