C’est un calcul odieux. Et si les français arrêtaient de fumer, ils vivraient plus vieux. Quelles conséquences sur les régimes de retraites ?

Les vapoteurs militants ont un gros défaut. Au moment où ils arrêtent de fumer, ils s’intéressent au tabac. Pour leur santé d’abord, puis ils s’interrogent sur le “système”. Pour se demander, souvent, pourquoi les autorités trainent-elles autant des pieds pour supporter et favoriser l’essor du vapotage afin d’aider les gens à arrêter de fumer. Pourquoi les seules mesures ne concernent que les taxes avec même de savants calculs pour faire grossir la rente fiscale ? Un peu moins de fumeurs, certes, mais ceux qui continuent vont casquer encore plus…

Le coût du tabagisme en France ?

C’est assez énigmatique. Par exemple, on nous parlait de 47,7 milliards en 2014, et puis on est passé maintenant à 120 milliards (étude de Pierre Kopp). Etrange quand même. Etrange surtout, qu’un état ne prenne des mesures radicales pour éradiquer un coût qui représenterait le quart de son budget, ou encore trois fois le montant de la fameuse dette…

Il est intéressant de consulter le rapport de la cours de comptes de 2012 “Les politiques de lutte contre le tabagisme”, en particulier la page 38, qui nous indique le coût réel des dépenses de santé liées au tabagisme, soit : 18,25 milliards. On est loin des 120 milliards dont on veut imprégner les esprits, même si effectivement, on ne prend pas là en compte certaines dépenses comme les feux de forêts, les frais de prévention, les pertes sur la fiscalité, la sécurité… sans parler surtout du fantasmatique calcul de la “valeur de la vie humaine” qui permet à Monsieur Kopp de faire exploser les compteurs.

Bref. En prenant les chiffres vraiment nets, entre la rente fiscale de 14 milliards sur la vente des cigarettes et le coût réel des dépenses de santé, l’état “perd” effectivement encore environ 4,2 milliards.

Le petit calcul sur les retraites…

Je fais ça rapido sur un post-it. Avec plein d’approximations, je ne suis qu’un simple vapoteur / ex-fumeur qui se pose des questions (bêtes ?)…

Par exemple, je prends le minimum vieillesse à 833,2 €/mois et je le multiplie par 12, soit 9998,40 €. Ensuite, comme on estime 73000 morts par an et que la moyenne des années perdues est de 8 ans, je fais le calcul simple de l’économie annuelle sur les pensions de retraite : 9998,4 X 73.000 X 8 = 5,8 milliards.

Et bien, on y est. Y’aurait pas comme un petit chouilla de bénéfice sur tout ça ? Un bon milliard, presque deux ! Bientôt atteint grâce aux prochaines augmentations de prix/taxes sur le tabac ? Le gouvernement table sur une recette supplémentaire de 400 millions d’euros en 2019.

Soyons clair, la perspective de perdre 5 milliards à cause des retraites, ça représente 10% du budget des pensions (voir ci-dessous). C’est énorme. Et c’est un problème politique majeur. Donc pour l’instant, il vaut mieux maintenir un bon niveau de prévalence tabagique dans le pays (ne pas trop supporter les solutions comme le vapotage), et faire accepter à la société que les fumeurs sont des cons, qu’ils coûtent un bras (120 milliards), qu’il est normal de leur faire payer des taxes à max, et normal aussi qu’ils crèvent un peu plus tôt que tout le monde. Sans oublier bien sûr, avant de crever, d’être bien malades pour faire tourner le business de l’industrie pharma.

Ça marche bien, la lutte contre le tabagisme, première cause de mort évitable, un vrai génocide, n’est absolument pas un sujet prioritaire pour l’opinion publique.

PS : depuis que j’ai arrêté de fumer, avec mes dépenses de vapotage (taxées à 20% de TVA), je fais perdre entre 1500 et 2000€ par an de rente fiscales à l’état (taxes à 400% sur les cigarettes – un paquet par jour). 

 

Budget de l'état pensions de retraites

Source FranceInfo: