Cette nouvelle étude montre que pour arrêter de fumer pendant la grossesse, le vapotage serait deux fois plus efficace que les substituts nicotiniques et n’augmenterait pas les risques.

C’est une nouvelle publication du 16 mai 2022 sur Nature : Electronic cigarettes versus nicotine patches for smoking cessation in pregnancy: a randomized controlled trial. Chacun peut la lire, les outils de traduction permettent de parfaitement comprendre tous les détails de cet essai randomisé sur 1140 participants répartis en deux groupes e-cigarette et substituts nicotiniques. On trouve parmi les auteurs Peter Hajek, éminent spécialiste des questions du tabagisme et Linda Bauld qui a dirigé la réalisation du document très complet sur le vapotage et la grossesse, par le Smoking in Pregnancy Challenge Group [voir ici], regroupement de 21 organisations de santé au Royaume-Uni.

Chez les femmes enceintes (aussi), le vapotage serait deux fois plus efficace que les substituts nicotiniques

Déjà en 2019, une étude qui comparait l’efficacité du vapotage par rapport aux substituts nicotiniques avait fait grand bruit en indiquant que la vape était deux fois plus performante : A Randomized Trial of E-Cigarettes versus Nicotine-Replacement Therapy. Cette fois, les auteurs ont réalisé un essai chez les femmes enceintes fumeuses.

Globalement, on constate que le taux de réussite est faible quelle que soit la méthode. Il faut lire la publication pour comprendre pourquoi, la situation physiologique et psychologique d’une femme enceinte qui fume est très-très compliqué. Pour autant, en ratio, les résultats sont clairs, la vape marcherait deux fois mieux que les substituts nicotiniques pour arrêter de fumer y compris pendant la grossesse.

Comme pour tous les fumeurs, cela s’explique par les atouts de la vape que l’on connait bien : on quitte la combustion, mais on ne quitte pas la nicotine, et on ne quitte pas le plaisir. C’est plus facile, tout simplement, donc ça marche mieux.

Pas plus de risque pour la santé que les substituts nicotiniques

Les auteurs sont clairs et ils ont raison. Quelle que soit la situation d’un fumeur, quel que soit son état de santé, rien c’est mieux. Il est préférable d’arrêter de fumer sans rien, y compris sans nicotine, vape ou substituts nicotiniques. Mais si on n’y arrive pas, le principe de précaution absolu, c’est de prendre de la nicotine « propre », en substituts ou en vapotant, et ne plus fumer. Ils rappellent aussi que si les études ne laisse aucun doute sur l’effet tératogène (risques malformations du fœtus) de la fumée, rien ne permet de le dire concernant la nicotine. C’est pour cette raison, entre autres, que les substituts nicotiniques sont reconnus, autorisés et recommandés dans de nombreux pays y compris pour les femmes enceintes.

Cet essai réalisé en Angleterre (multicentrique : les participantes ont été recrutées sur 23 sites hospitalier) comprenait également des analyses sur l’état de santé des participantes et de leurs bébés. Mis à part un peu plus de problèmes avec le poids des bébés chez les femmes du groupe substituts, les auteurs n’ont constaté aucune différence. En clair, le vapotage avec nicotine ne serait pas plus risqué que les patchs nicotiniques chez les femmes enceintes. Précisons que les femmes recrutées étaient enceintes ET fumeuses au moment où l’essai a commencé. Je renvoie à la lecture complète de la publication car ce n’est pas un fait anodin (motivation / méfaits du tabagisme dès le début de grossesse).

Proposer aux femmes enceintes des solutions pour arrêter de fumer (ou pas)

En France, plus de la moitié des femmes qui fument au moment où elles tombent enceinte ne parviennent pas à arrêter de fumer avant le terme de leur grossesse. Compte-tenu des conséquences possibles pour elles et leurs enfants, cette statistique est une honte pour un pays comme le nôtre.

Pourtant, le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français – CNGOF – a publié en 2020 un document qui recommande aux médecins d’enjoindre les femmes enceintes à ne pas vapoter pour essayer d’arrêter de fumer et à stopper le vapotage quand bien même cela leur aurait permis d’arrêter de fumer. En janvier 2022, alors que dans ses consultations aux parties prenantes la question n’était même pas évoquée, on se demande pourquoi le Haut Conseil pour la Santé Publique – HCSP – a réitéré cette recommandation (sans aucune ressource scientifique non plus). Dans les deux cas, les études existantes, complètement rassurantes ont été (volontairement ?) écartées. Sans parler du bon sens… quel est le niveau de risque entre une femme enceinte qui vapote et une femme enceinte qui fume ? Sérieusement.

Est-ce que le principe de précaution c’est de continuer à fumer pour ne pas prendre un risque totalement hypothétique et à ce jour absolument pas avéré. Qu’y a t-il de pire que la cigarette, est-il envisageable que la vape puisse être pire ?

Cette nouvelle étude en Angleterre enfonce le clou. Et donc, en France, on refuse de proposer une solution, qui en plus, marcherait mieux que le reste !!! C’est irréel, carrément abject.

En attendant, voilà ci-dessous en vidéo ce qu’on voit passer dans les réseaux sociaux. C’est un médecin, horrifié, qui a demandé à sa patiente de faire cette vidéo pour témoigner.

Pour aller plus loin sur la question, consultez l’excellent dossier de l’association SOVAPE (qui mériterait du coup une bonne mise à jour car plusieurs nouvelles études, toujours plus rassurantes, sont sorties depuis sa parution en 2020) : Grossesse et vapotage.

 

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