En Angleterre, une e-cigarette a reçu une licence pour être prescrite comme un médicament afin d’aider au sevrage tabagique. Le débat s’ouvre en France…

Résumons rapidement la situation au Royaume-Uni. Été 2015, le Public Health England remet un rapport très positif sur la e-cigarette, 95% moins nocive que le tabac, la vape doit être partie prenante d’une politique pragmatique de réduction des risques. Janvier 2016, une e-cigarette peut désormais être prescrite par les médecins anglais, avec un remboursement pour le patient par la « sécu » locale, le National Health System.

La nouvelle a suscité de nombreux commentaires dans le monde de la vape en France, d’autant que la e-cigarette qui a reçu l’autorisation médicale en Angleterre est un produit de l’industrie du tabac. Qui plus est, une de ces fameuses « cigalike » de première génération, que l’on sait inefficace… Le débat est en train de s’élargir et un premier média s’en empare, l’émission Pourquoi Docteur ? sur France 5 a lancé un sondage : pour ou contre le remboursement de la e-cigarette. Résultat : 80% de « pour » sur 300 répondants qui semblent être essentiellement des vapoteurs.

Rembourser la e-cigarette : bonne idée !

Il y a quand même quelques raisons légitimes de penser que le remboursement de la e-cigarette par la sécurité sociale et les mutuelles serait une bonne chose.

1 – Cela voudrait dire en premier lieu que la e-cigarette serait enfin reconnue officiellement comme une aide au sevrage tabagique. Fini donc les discours « aucune preuve que… » Ça serait quand même un grand pas ?

2 – Quand on compare les taux de réussite en termes de sevrage, 15% pour les substituts nicotiniques, et 40% pour la e-cigarette, quoi de plus logique que d’envisager un remboursement au même titre que les médicaments de l’industrie pharmaceutique ?

3 – Une annonce de remboursement de la e-cigarette aurait un effet extrêmement positif sur l’opinion publique. Ce serait un formidable levier « rassurant » pour que de nombreux fumeurs essaient de s’y mettre.

Traiter la e-cigarette comme un médicament : mauvaise idée !

Si les vapoteurs de toute l’Europe se sont battus, en 2013, pour que la e-cigarette ne soit pas considérée comme un médicament, c’est qu’il y a aussi de bonnes raisons.

1 – Qui dit remboursement / médicament, dit normes / réglementations, avec l’énorme risque de scléroser totalement les technologies et freiner toutes les innovations. Il y a tellement de progrès à faire encore, que ce soit sur le volet plaisir, ou même sécurité. Quand on voit les évolutions de mois en mois, ce serait une énorme erreur…

2 – Toutes les contraintes / normes / réglementations, on le voit bien avec la TPD, ne ferait que favoriser les multinationales de la pharmacie, ou pire du tabac, avec une seule idée en tête, le business, à tout prix, et au mépris des consommateurs. Risques sanitaires majeurs, sans parler des prix des produits qui exploseraient à coup sûr…

3 – Arrêter de fumer avec la vape, cela se fait avec le plaisir. Le plaisir est une clef fondamentale de la e-cigarette. Et un médicament ne se prend pas avec plaisir, il ne se conçoit pas non plus dans une optique de plaisir. A l’époque des projets européens pour passer la vape en médicament, il était d’ailleurs envisagé de limiter, voire supprimer les arômes. Autant dire, anéantir toute l’âme de la vape… Et par conséquent son potentiel intrinsèque.

Rembourser la vape, oui, mais pas les produits !

Il y a une solution intermédiaire. J’ose la proposer car c’est à mon avis le compromis idéal, qui pourrait, d’un côté légitimer (enfin) la vape comme sevrage tabagique et aider les fumeurs avec un remboursement, mais par contre couper l’herbe sous le pied des multinationales, que ce soit la pharmacie et surtout l’industrie du tabac.

Il faudrait rembourser des « formations » à la vape. En effet, la e-cigarette est loin d’être une pratique aussi facile que le tabac. Choisir son matériel et l’entretenir, calculer son taux de nicotine, apprendre à vaper en sécurité. Et pourquoi pas, éduquer sur l’addiction, la nicotine, les produits. Bref, stimuler la pratique, et surtout les bonnes pratiques. Et c’est ça qui serait remboursé ! Le vapoteur se débrouille ensuite pour acquérir son matériel, bien formé, bien informé… On sait que l’accompagnement améliore considérablement les taux de réussite du sevrage tabagique.

Ce serait extrêmement vertueux surtout quand on observe le marché de la vape « expert » aujourd’hui. Les vapoteurs passionnés sont aussi les plus vigilants, que ce soit sur la qualité des matériels, mais également sur l’aspect sanitaire des e-liquides et des techniques / matériaux de vaporisation. Ils sont hyper attentifs et exigeants, les commerçants et les fabricants le savent bien, le craignent bien. L’éducation des vapoteurs « grand public » serait très positive pour augmenter encore la qualité et la sécurité des produits, stimuler les innovations, encore et encore…

Qui pourrait délivrer ces « formations » remboursées ?

Tabacologues ? Commerçants ? Les deux ou entre les deux, des vapoteurs expérimentés, encore un nouveau métier à créer. De l’activité économique positive, des emplois… La question reste ouverte !

Je délire ? Bonne idée ? N’hésitez pas à commenter, depuis le 1er janvier, j’ai décidé d’ouvrir les commentaires sur VAPYOU. Pas de modération à priori, si les échanges restent courtois bien sûr.

Merci…

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