Après une information reçue par le ministère le 28 août, la direction générale de la santé a diffusé un message “Alerte : insuffisance respiratoire aiguë grave et vapotage aux USA”.

C’est public et accessible à tout le monde. La SRLF (Société de Réanimation de Langue Française) a diffusé le premier septembre un copier / collé du message d’alerte signé par le Pr. Jérome SALOMON, le directeur général de la santé. Voici le lien : Alerte : insuffisance respiratoire aiguë grave et vapotage aux USA. Et le screenshot est à la fin de cet article.

Surveillance sanitaire

C’est plutôt rassurant. Notre système de santé semble bien organisé, des messages se diffusent en cas d’alerte via un réseau international. Comment ça fonctionne, je ne sais pas trop, mais j’imagine que de nombreux organismes de santé ont reçu le message comme la SRLF.

Le principe donc, est de surveiller si des cas identiques se produisent en France et si il y a des signalements, les faire remonter. Dans le message, il est indiqué que c’est l’équipe du CORRUSS qui se charge de coordonner tout ça. En lisant cette page sur le site du ministère, on comprend un peu mieux le fonctionnement de la cellule : La gestion des alertes et des crises sanitaires.

On peut donc se féliciter. Si jamais des cas apparaissaient en France, les services d’alerte se mettraient en branle.

Trop tard…

Depuis bientôt deux ans qu’il a accédé à son poste, le directeur général de la Santé est totalement hermétique à la question du vapotage. Il n’a pas reconduit le Groupe de Travail Vapotage que son prédécesseur le Pr. Benoit Vallet avait ouvert. Comme sa ministre Agnès Buzyn, il ne répond jamais aux lettres des associations que ce soit à ce sujet, pour des RDV informels, ou pour participer (fort légitimement) au Plan National de Lutte Contre le Tabagisme. N’étant pas affiché au programme, il est donc probable que le Pr. Jerôme Salomon ait également décliné une évidente invitation de SOVAPE a participer au 3e Sommet de la Vape qui se déroulera à Paris le 14 octobre 2019. Pourtant, son prédécesseur le Pr. Benoit Vallet avait participé aux deux premières éditions en 2016 et 2017 et il sera présent le 14 octobre. En résumé, l’outil d’aide le plus populaire en France pour sortir de l’addiction qui est la plus grande cause de mortalité évitable en France, n’intéresse pas (ou plus) la direction générale de la santé. Choix politique ? Imposé ? Influences ? C’est surnaturel, c’est comme ça…

Mais il y a plus inquiétant…

En effet, la direction générale de la santé a donc “officiellement” été informée des problèmes aux États-Unis. Au premier septembre, date de la communication de l’alerte, des informations précises étaient déjà largement disponibles sur les causes probables du problème. Dès le 28 août, le Dr Delille, président de Fédération Addiction était déjà très clair sur les suspicions. Philipe POIRSON, simple citoyen, a publié sur son blog un article déjà très complet le 30 août. Il n’a pas accès aux infos qui tuyautent dans les ministères, il se contente de ce qui est disponible pour tout le monde : USA : le fongicide Myclobutanil impliqué dans les intoxications des produits de vape au THC du marché noir ?

L’enquête a encore avancé depuis, on trouve ici le fin mot de l’histoire, à lire absolument sur toute cette affaire est un peu floue pour vous : Cigarette électronique : deux pistes pour expliquer les 5 décès aux États-Unis.

Toujours est-il, que dès le 28 août, la Direction Générale de la Santé aurait pu disposer de suffisamment d’informations pour lancer une alerte beaucoup plus large. Le doute est permis, en savaient-ils déjà plus ? En tout cas, la population n’a pas été informée. La question : pourquoi ? En particulier, il eut été souhaitable de sensibiliser les jeunes en leur indiquant de ne surtout pas essayer de vapoter des produits autres que ce que l’on trouve en boutique spécialisée. Et dire qu’on nous bassine avec le principe de précaution, il semble vraiment être à géométrie variable !

À mon égard, il s’agit d’une faute grave. Heureusement, à l’heure qu’il est, il n’y a eu aucun signalement en France. Mais si jamais c’était arrivé, le dispositif d’alerte “à postériori” – seulement surveiller si des cas se présentent – de la Direction Générale de la Santé aurait été responsable de l’insuffisance manifeste du système de prévention.

Médias et autorités à côté de la plaque

Les derniers jours ont été terribles, les médias ont relayé l’information avec une confusion totale et une compétition incroyable de titres anxiogènes. On a vu sur des TV, notamment France 2, des chroniqueurs totalement incompétents se lancer dans des explications délirantes et déborder sur des messages trompeurs concernant les produits “classiques”…

La méconnaissance évidente des questions du vapotage aurait pu conduire à une catastrophe. A force de “snober” les acteurs de la vape qui ont su se réunir en associations, les médias et les autorités se privent de sources d’informations très fiables et issues de veilles permanentes et d’échanges internationaux grâce à de vastes réseaux de connaissances où l’on trouve des consommateurs, des professionnels de santé, des scientifiques et des professionnels de la vape sérieux (qui ont tout intérêt à ne pas voir le vapotage s’écrouler à cause de pratiques mafieuses). Mais, non, au lieu de s’adresser aux spécialistes qui ne demandent qu’à collaborer positivement, les « huiles » étatiques et journalistiques préfèrent se tourner vers les anti-tabac incompétents et irresponsables qui vont leur parler d’antigel, d’amiante et de benzène…

C’est incompréhensible. C’est inquiétant.

Ou alors peut-être que je ne comprends rien au système des alertes sanitaires. Et qu’il aurait fallu attendre un mort en France pour lancer l’alerte. Si c’est le cas, ça me dépasse. Car le seul résultat des derniers jours, et ça c’est sûr, c’est que de nombreux fumeurs ont été effrayés par la vape tout court.

 

La page publiée sur le site de la SRLF :

Alerte vapotage DGS Jérome Salomon

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