Les médias l’annoncent depuis hier, une nouvelle augmentation des prix du tabac est prévue à partir du 1er mars. On arrive (enfin) aux 10€ promis par le gouvernement Macron.

C’est l’AFP qui se charge de la propagande. Partout dans la presse, on voit fleurir les copié / collé (ici un exemple sur RTL.fr) : Prix du tabac : nouvelle hausse le 1er mars, le paquet de Marlboro à 10 euros. Alors que Chirac dans les années 2000 avait procédé à des hausses de prix “brutales”, le gouvernement Macron a respecté sa promesse d’augmenter le prix à 10 € mais ça c’est fait progressivement sur trois ans.

Pourquoi des hausses progressives étalées sur trois ans ?

La réponse la plus marrante vient de la ministre de la santé. C’était en 2017. Je cite tellement c’est beau. On retrouve sa déclaration ici. Agnès Buzyn, ministre de la Santé, détaille la hausse graduelle du prix du tabac : “Perspective de l’arrêt”. Pour justifier cette hausse graduelle plutôt que brutale, la ministre a expliqué vouloir se mettre à la place des fumeurs. “C’est une hausse en trois ans, ce qui était mon souhait. Ça permet aux gens de se préparer et de trouver les moyens d’arrêter de fumer. C’est un calendrier qui permet à chacun de se mettre dans la perspective de l’arrêt”.

La leçon avait été bien apprise. Dès son entrée en fonction la ministre a récité avec application les éléments de langage que lui ont glissé les experts de Bercy. Parce qu’en effet, depuis l’époque Chirac l’administration fiscale s’est bien juré de ne plus jamais laisser un ministère de la santé gérer cette affaire sensible des prix du tabac. La hausse brutale avait causé bien trop de pertes !

En réalité, la hausse progressive, pour ne pas dire “millimétrée” à permis d’atteindre l’objectif de 10€, en perdant des ventes (dans le réseau officiel) certes, mais en taxant suffisamment plus les fumeurs restants pour que l’équation globale soit positive pour les caisses de l’État.

Il parait même que les résultats ont largement dépassé les attentes qui n’étaient “que” de 500 millions par an. En fait, d’ici fin 2020, ce seront 2 milliards de taxes annuelles supplémentaires. Chapeau ! À lire ici pour les détails : L’État va toucher le jackpot en 2020 grâce aux taxes sur le tabac.

Mais les ventes baissent, c’est bon pour la santé publique non ?

Alors oui, c’est indiscutable aussi, les ventes dans les bureaux de tabac sont en baisse. Moins 9% en 2018 et moins 7% en 2019. Avec une lecture naïve, on peut se dire que le nombre de fumeurs a baisser de 15% en deux ans. Soit théoriquement au moins de 2 millions de fumeurs en moins…

Santé Publique France avait annoncé 1,6 millions de fumeurs en moins en 2016 (1 million) et 2017 (600 000), mais c’était une période qui n’était pas concernée par des hausses de prix, c’était plutôt le moment de l’essor extraordinaire du vapotage. La logique voudrait donc que l’effet hausse des prix nous mène à 1,5 voire 2 millions de fumeurs en moins chaque année (il faut additionner). On attend les chiffres de Santé Publique France pour 2018 et 2019…

Sérieusement, où sont passées les ventes en moins ?

Il y a trois axes :

  • des fumeurs qui arrêtent de fumer
  • des fumeurs qui réduisent leur consommation (d’env. 15% soit 1 à 2 cigarettes par jour sur un paquet)
  • des fumeurs qui partent sur le marché noir.

Concernant la contrebande, la hausse des saisies douanières présentée comme de grandes victoires pour la lutte contre le tabagisme ne sont en fait que le reflet d’un marché noir qui ne cesse d’augmenter. Le mécanisme est bien connu sur tous les trafics illicites.

J’ai posé la question sur ma page Facebook, le fameux paquet à 10€ se négocie partout en France à 5€ au marché noir. C’est tentant quand on n’a pas envie ou qu’on n’arrive pas à arrêter de fumer…

Bien entendu, il n’y a aucun suivi précis de cette ventilation. Pour ma part, je témoigne que quand j’étais fumeur, jamais une augmentation de prix ne m’a motivé à arrêter de fumer, par contre j’ai toujours opté pour l’option d’essayer de réduire (ça ne durait que quelques jours).

En clair, ou plutôt, en flou, on n’a aucune idée de l’impact réel de l’augmentation des prix du tabac sur le nombre de fumeurs en France.

L’industrie du tabac décide de ne plus rogner sur ses marges

A lire dans l’article cité plus haut, c’est la nouveauté sur cette augmentation des prix du tabac prévue au 1er mars.

Alors que sur les précédentes hausses, l’industrie du tabac décidait de rogner ses marges de crainte que les ventes ne fondent trop, cette fois, ils adoptent la stratégie expérimentée par le gouvernement Macron. C-à-d qu’ils espèrent sans doute que prendre plus aux fumeurs qui n’arrêteront pas leur permettra de compenser la baisse des volumes. Peut-être même comptent-ils aussi toucher le “jackpot” comme l’État malicieux (ou cynique, selon la lecture de chacun).

Par ailleurs, c’est un secret de polichinelle, mais plusieurs enquêtes ont démontré que l’essentiel des volumes des cigarettes vendues au marché noir sortent des usines de l’industrie du tabac. Aucun doute déjà, sur tout ce qui vient des pays frontaliers à la France.

N’oublions pas que la “grille” des prix est discutée entre l’État (douanes) et les industriels, et qu’elle est signée par Agnès BUZYN, tous ces échanges doivent donner lieu à quelques bavardages…

“Allez-y les gars, servez-vous sur le dos des fumeurs, ils sont fébriles en ce moment ! La période est propice, depuis quelques mois ils flippent à mort d’essayer le vapotage, y’a même des vapoteurs qui retournent à la cigarette (pour se rassurer). Et on a bien fait gaffe de ne faire aucune communication officielle pour démentir les fake news.”

N’oublions pas non plus que les buralistes ont su tirer leur épingle du jeu. Au prétexte d’une politique qui vise à faire baisser les ventes, ils ont négocié une augmentation de leur rémunération. Et eux aussi, malgré moins de ventes, ils gagnent plus sur le dos des fumeurs qui leur restent fidèles : Les ventes de tabac baissent mais les recettes pour le fisc et les buralistes grimpent.

Entre le gouvernement, l’industrie du tabac et les buralistes, il y a donc une belle entente pour racketter les fumeurs.

C’est un éco-système bien huilé dans lequel il ne faut pas oublier l’industrie pharma qui attend tranquillement et en silence son cheptel annuel de malades. Prédictible sur 20 à 30 ans, le tabagisme est un business-model en or ! On peut même dire que ce sont eux qui ramassent vraiment le gros du pactole.

Bonne conscience

On attend bien entendu les applaudissements des anti-tabac qui viendront soulager la conscience de tous ces crevards.

Leur “dada” (ou leur mission) est en particulier d’expliquer que les taxes sont justifiées pour payer les frais de santé de tous ces gros cons de fumeurs.

Seulement là aussi, les calculs sont très opaques. On attribue au tabac toutes les maladies qui pourraient en résulter alors que c’est faux. Et on oubli bien sûr de prendre en compte les économies en pensions de retraite non-payées aux fumeurs qui ont la bonté de mourrir en moyenne 15 ans plus tôt. Bref…

Vapotage ?

C’est quoi ça ?

Une alternative où les gens arrêtent de fumer facilement et définitivement ? Ne payent plus de taxes ? Ne sont plus malades ? Transformer d’honnêtes citoyens qui payent leur obole quotidienne de 10€ en gros radins qui continuent à prendre du plaisir pour 10 fois moins ?

C’est un cauchemar. Surtout – surtout ! N’en parlons pas.

Faire la promotion de la vape conduirait inexorablement à la disparition beaucoup trop rapide du tabagisme et de toute son économie. Rien qu’en taxes, en Europe, le tabac représente plus de 106 milliards d’€, c’est juste pour donner une idée de l’échelle !  Un rapport européen vient de sortir. Intéressant : L’Europe publie un vaste rapport sur le tabagisme et la vape.

 

 

 

 

 

Bienvenue dans la vape

Ce livre s’adresse aux fumeurs, aux vapoteurs débutants et à toute personne qui souhaite en savoir plus sur le vapotage pour essayer d’arrêter de fumer.

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