Voici un article écrit pour le magazine professionnel PGVG, qui s’adressait aux boutiques de vape pour le cas où un adolescent fumeur se présentait pour acheter des produits de vapotage.

La prévalence tabagique en France est catastrophique, 36 % des 15 / 65 ans. Chez les ados, ils sont 4 sur 10 à sortir du lycée avec la clope au bec. Les jeunes ont toujours été et sont toujours les cibles privilégiés des industriels du tabac. Pourquoi ? Parce que plus on commence tôt à fumer, plus c’est difficile de s’arrêter. C’est donc un moyen de créer un « cheptel » de très bons clients, pour longtemps.

Un mineur rentre dans votre boutique de vape

Quoi qu’il puisse vous raconter, fumeur ou non fumeur, il est interdit de vendre des produits du vapotage aux mineurs de moins de 18 ans. Même si ça vous fend le cœur, aucune discussion, ne vendez pas. Vous seriez hors la loi ! Si il est de notoriété publique que de nombreux buralistes vendent des cigarettes aux mineurs, les professionnels de la vape se doivent d’être irréprochables pour ne pas prêter le flan aux critiques et que l’image du vapotage en soit dégradée.

Faut-il laisser les mineurs sur le bord de la route pour autant ?

Bien sûr que non ! Si vous vous rendez compte que le mineur est dans une situation difficile, qu’il est déjà accro à la cigarette, proposez-lui de revenir avec une personne adulte, idéalement pour vous, l’un des parents. Vous pourrez alors effectuer les mêmes conseils comme pour n’importe qui, mais en présence d’une personne majeure et c’est cette personne qui doit effectuer l’achat. C’est cette personne qui remettra ensuite le matériel au jeune, sachant qu’aucune loi n’interdit à des parents de donner des produits du vapotage à leurs enfants*.

Personne ne doit rester sur le bord de la route, aider un jeune de 17 ans, c’est peut-être lui éviter 10, 20 ou 30 ans de tabagisme, avec toutes les conséquences que l’on connaît. Responsabilité et bienveillance, ce sont les valeurs à cultiver dans les boutiques de vape de manière à rester toujours le meilleur endroit pour venir s’équiper, surtout face à la concurrence des buralistes, qui tôt ou tard, finira par se durcir.

FIN de l’article pour PGVG.

Études sur l’effet passerelle de la vape

Régulièrement, nous voyons passer des études qui “démontrent” que la vape est une passerelle vers le tabagisme pour les adolescents non-fumeurs. Le mécanisme de ces études est toujours le même. On compte parmi des échantillons d’adolescents fumeurs combien d’entre eux ont essayé la vape auparavant. Si jamais, le nombre de fumeurs ayant essayé la vape est supérieur au nombre de fumeurs n’ayant pas essayé la vape, on en déduit que la vape favorise le tabagisme. Implacable… Sauf que… Et si on s’amusait à compter de la même façon les adolescents fumeurs qui ont bu des verres de lait, mangé des cerises ou des mikado, il y aurait beaucoup de “passerelles” vers le tabagisme. Beaucoup de produits à interdire à la vente aux mineurs…

De nombreuses études contredisent totalement ce fantasme de la passerelle vers le tabagisme. Très concrètement, c’est observé dernièrement aux Etat-Unis, depuis 43 ans jamais le niveau de prévalence tabagique n’a baissé aussi vite chez les jeunes. Si la vape devait être une incitation au tabagisme, on serait donc dans une tendance inverse.

Transgression et communication avec les parents

Combien d’adolescents sont fumeurs alors que leurs parents ne sont pas au courant ? S’ils ne peuvent pas parler de leur tabagisme à leurs parents, compte-tenu des conditions imposées par la réglementation, ces jeunes n’ont pas accès à la vape, l’une des solutions les plus efficaces pour tenter d’arrêter de fumer, incontestablement une réduction des risques.

C’est une situation insupportable, aussi insupportable que pouvaient être les positions des bien-pensants qui refusaient la distribution de capotes dans les lycées au moment de l’arrivée du sida. Ou encore ceux qui s’opposaient à la pilule du lendemain. Tout cela, pour “ô sacrilège”, ne pas inciter les jeunes à la “débauche”.

Un médecin m’a bien confirmé qu’il lui est tout à fait possible de “prescrire” la vape à un patient, au même titre que faire un régime ou reprendre la pratique du sport. Mais étant donné que la vente est interdite aux mineurs, c’est le chat qui se mord la queue. Nous sommes donc dans une situation incroyable où les adolescents fumeurs sont totalement délaissés, incités finalement, si aucune solution ne leur convient, à continuer… de fumer.

Le tabagisme des jeunes est une priorité nous dit-on. L’autorisation de vente des produits de la vape aux mineurs est un sujet qui mérite d’être discuté. Les premiers concernés, les commerçants, auraient certainement leur mot à dire et des propositions à faire, le dialogue est nécessaire avec les professionnels de santé et les autorités.

* Note de Claude Bamberger, AIDUCE : Et oui la loi interdit aux parents d’offrir un produit du vapotage à un mineur si c’est dans un lieu public : R3515-6 Le fait de vendre ou d’offrir gratuitement, dans les débits de tabac, dans tous commerces ou lieux publics, des produits du vapotage à un mineur en méconnaissance de l’interdiction prévue à l’article L. 3513-5 est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe. (750€)