Suite à une plainte déposée en avril 2016, la société Webstorm (Kumulus Vape) a été convoquée au commissariat à la fin du mois de juin. Interview de Rémi Baert, fondateur, pour avoir quelques explications…

Pour préciser le contexte, Kumulus Vape est un commerçant en ligne fondé en 2012 avec une bonne réputation. La démarche qualité est permanente, en cherchant à respecter autant que possible les réglementations, pour peu qu’elles soient lisibles. Plusieurs contrôles DGCCRF qui se sont bien passés. Engagée, la boutique met en avant les actions et les outils de l’AIDUCE, notamment avec une réduction pour les adhérents. Les clients y trouvent également le magazine VAPYOU.

Interview de Rémi Baert, fondateur.

VAPYOU : Qui a déposé plainte contre Webstorm ?

Rémi Baert : Il s’agit de l’association Droits des Non-Fumeurs, la plainte est signée par son président ainsi que leur avocat.

V : Quel est l’objet de cette plainte ?

RB : Pour faire simple, il nous est reproché de faire la promotion et la propagande des produits du tabac.

V : A ma connaissance, Webstorm ne vend pas de tabac ?

RB : Ah ça… je confirme ! Ce qui nous est reproché est principalement d’ordre sémantique. Par exemple, « Une saveur tabac qui vous rappellera le goût de votre américaine préférée » ou « un goût cigare qui plaira aux amateurs de tabac brun ». Certains noms de produits ont aussi posé problème. Chaque adjectif pouvant être considéré comme valorisant à l’égard d’un de nos produits composé d’arôme de tabac a du être retiré. Il nous a aussi été reproché d’utiliser sur certains visuels des éléments du « tabac »(feuilles, illustration d’une pipe ou d’un cigare etc…).

V : Très concrètement, est-ce que Webstorm est en tord ?

RB : D’après une lecture très technique des textes de lois et de la plainte qui s’appuie sur ces derniers, oui ! Les faits qui nous sont reprochés tombent sous le coup des lois anti-tabac. Aucun doute, la plainte a été déposée par des experts et dans les règles de l’art. D’un point de vue purement factuel, aussi aberrant que cela puisse paraître la présentation de certains de nos produits pouvait être considérée comme de la propagande pour le tabac.

V : Et donc, que faut-il faire ?

RB : Notre société a disposé d’un délai d’environ 10 jours (suite à notre première audition) pour se mettre en conformité. Nous avons corrigé de nombreux éléments sur notre site Internet. Des noms de produits, des visuels ainsi que des descriptifs. Le menu « saveurs tabac » est devenu « saveurs classiques », le menu « tabac gourmand » est devenu « saveurs classiques gourmandes ». Désormais plus aucun liquide composé d’arôme « tabac » ne sera associé à un superlatif. Un gout tabac, c’est un gout tabac !

V : Quelle réactivité, ça a été rapide !

RB : Nous n’avions pas le choix compte tenu les enjeux. Nous avons mobilisé 5 personnes de notre équipe sur plusieurs jours. Afin de nous assurer que notre dernière audition se passe au mieux, nous avons aussi décidé de modifier bien plus que ce qui était spécifiquement cité au sein de la plainte en appliquant les modifications aux autres produits implicitement concernés. Notre unique objectif étant que cette affaire puisse être classée au plus vite.

V : L’affaire est donc classée ?

RB : A ce jour non elle ne l’est pas. Nous avons corrigé ce qui nous était reproché et notre bonne volonté a été remarquée. Il reste désormais à un magistrat de classer l’affaire, ou pas. Cela peut prendre plusieurs semaines, plusieurs mois… Nous n’avons aucune garantie d’être tenus informés le jour où l’affaire sera close.

V : Tu n’es donc pas sûr que tout est fini ?

RB : Absolument pas mais nous l’espérons sincèrement. Nous avons tout mis en œuvre pour se mettre en conformité. Maintenant, on verra bien… Il nous faut informer nos clients des changements de certains noms de produits pour qu’il ne soient pas perdus (voir ici) et continuer de les conseiller sur la vape, la qualité, la sécurité… Notre priorité reste la satisfaction de nos clients.

V : Est-ce que tu comprends l’attitude de l’association DNF ?

RB : Pas du tout. Nous ne comprenons par ailleurs toujours pas quel était l’objectif réel de cette plainte. Je ne peux pas imaginer l’espace d’un instant que quiconque puisse croire que nous (acteur de la vape) fassions de la « propagande pour le tabac ». Alors quand il s’agit en plus d’une association de lutte anti-tabac, cela semble simplement surréaliste.

V : Dernière question pour vraiment comprendre l’état d’esprit de ce qui s’est passé. Est-ce que Droits des Non-Fumeurs avait pris contact avec toi auparavant pour t’informer, te donner des conseils, te proposer de modifier des choses. En clair, ont-ils eu une attitude pédagogique avant de déposer plainte ?

RB : Hélas non. Nous avons pris connaissance de cette plainte un matin en ouvrant notre courrier.