Les vapoteurs sont très concernés par l’enquête ETHRA qui s’adresse aux consommateurs de nicotine car la commission européenne prépare la prochaine réglementation.

Distribuée partout en Europe par les 22 organisations qui composent l’ETHRA, l’enquête est la première qui est organisée par des citoyens indépendants. En effet, à deux reprises la commission européenne avait déjà lancé des consultations.

Que se passe t-il à la commission à propos du vapotage ?

Les mécanismes sont très complexes pour en arriver là où nous en sommes, il faudrait un livre. Pour résumer, une directive européenne va de nouveau se pencher sur la question du tabac, et des “produits connexes” en 2021. C’était prévu, aucune surprise là dessus.

Mais maintenant que l’échéance arrive, les “influenceurs” sont à plein régime pour faire pencher la nouvelle réglementation du côté où ça les arrange. La bataille est économique et sanitaire. Entre ceux qui profitent financièrement du tabagisme et ceux qui lutte contre.

Le vapotage, parce que considéré comme “produit connexe” se retrouve donc dans cette réglementation. Et jusqu’à présent, alors que c’est l’outil le plus populaire et le plus performant pour arrêter de fumer, les projets qui le concernent lui prépare un avenir compliqué. Compliqué pour les consommateurs et compliqué pour la filière professionnelle qui dépend (forcément) des consommateurs.

Qu’aurait-il dû se passer ?

La précédente TPD avait imposé des réglementions contraignantes pour le vapotage. Les plus importantes était l’interdiction de publicité (sous certaines conditions) et la limitation des flaconnage à 10 ml et à taux de nicotine de 20 mg/ml maxi. Ces mesures étaient guidées par un “principe de précaution” assez flou quant à ses bases scientifiques.

4 ans plus tard, les conséquences de cette réglementation sont assez visibles, même si elles mériteraient un regard plus approfondi et quelques statistiques :

L’essor du vapotage n’a pas été celui qu’il mériterait. La science est de plus en plus rassurante sur les risques (insignifiants par rapport à la cigarette) et les performances meilleures par rapport aux autres outils sont désormais bien documentées. L’interdiction de publicité laisse planer un “doute” injustifié, surtout quand d’autres produits, comme l’alcool (50.000 morts par an) peuvent faire de la pub à grande échelle. Il serait intéressant de faire un sondage en population générale pour savoir si les gens pensent que la vape est plus ou moins dangereuse que l’alcool. Concernant le tabac, les données récoltée par l’association SOVAPE avec l’institut BVA, font froid dans le dos : 58 % pensent que vapoter est autant voire plus risqué que fumer !

De nombreux débutants sont mal équipés et sous dosés en nicotine. On en rattrape tous les jours sur les groupes Facebook auto-support comme Je Ne Fume Plus! ou INFO VAPE. Les raisons sont multiples, le professionnalisme des vendeurs est parfois en cause, la peur irrationnelle de la nicotine, mais aussi les limitations de flaconnage à 10 ml et 20 mg/ml. Pour obtenir de meilleurs prix en achetant des volumes plus importants, les consommateurs sont désormais obligés de passer par le DIY. Et celui-ci est devenu beaucoup plus compliqué qu’avant où on ajoutait simplement de l’arôme à une base nicotinée. Avant la première TPD, il n’était pas nécessaire de passer au DIY pour avoir de meilleurs prix grâce à de gros flaconnages, on trouvait des 30, 50 ou 100 ml avec le bon dosage de nicotine. Les pratiques actuelles avec les flacons de 50 ml sans nicotine permettent difficilement d’obtenir des taux de nicotine au-delà de 6mg. Et ce dosage est insuffisant pour les débutants, voire certains vapoteurs au long court sui ne vapent plus que pour le plaisir.

Une efficacité moindre. Le taux de nicotine limité à 20 mg/ml est insuffisant pour certains fumeurs. Ils doivent alors compléter avec des substituts nicotiniques. Cela ne fait que compliquer leur sevrage alors que des taux à 30, 40 voire 50 de nicotine sont tout à fait supportables, quitte à utiliser des sels de nicotine.

La première TPD a donc eu des effets négatifs en freinant l’essor du vapotage et en compliquant son accès pour les fumeurs. Il est étonnant que les pouvoirs publics n’aient pas évalué les conséquences de la première réglementation. Si cela avait été fait sérieusement, nous ne nous retrouverions pas dans la situation actuelle.

Les projets de commission européenne pour le vapotage

Alors que la raison voudrait d’assouplir certaines contraintes pour permettre au vapotage d’aider plus de fumeurs, les mesures envisagées sont au contraire plus contraignantes. Pour faire simple, le premier projet est de limiter, voire presque interdire les arômes. Le goût tabac serait, peut-être avec la menthe, le seul arôme autorisé. Idée qui interroge dans la perspective d’aider les fumeurs à s’éloigner… du tabac. L’autre projet est de taxer le vapotage. Idée contreproductive si on voulait faciliter l’accès à la solution pour les fumeurs. Cette nouvelle réglementation ralentirait évidement l’essor du vapotage, en réduisant les nouveaux consommateurs, et pour ceux qui sont déjà vapoteurs, soient ils paieront plus cher et que pour du « tabac », soit ils répondront aux sirènes du marché noir avec tous les risques que ça comporte.

Malgré les deux consultations proposées aux citoyens européens et à la suite desquels ces “projets” étaient massivement rejetés, la commission semble avancer sans tenir compte de leur avis. En effet un rapport prélimimaire a été publié, à lire ici : Révision de la TPD : le comité scientifique rend son rapport sur la vape. Ses conclusions sont à l’inverse des décisions de bon sens pour utiliser le vapotage à bon escient dans la lutte contre le tabagisme.

Se voulant pourtant “scientifique”, ce rapport égraine tous les fantasmes et idées reçues qui nuisent à l’essor du vapotage. Dans ce rapport, les idéologies ont eu gain du cause face à la science, sur les données cliniques et sur les données épidémiologiques. On dirait que les pouvoirs publics ne veulent pas aider les fumeurs. 30 ans après, c’est l’histoire du SNUS qui recommence. L’un des commentaires les plus complets sur le rapport SHEER se trouve ici sur le site du très respecté Clive BATES, c’est en anglais, c’est très long, mais c’est le prix à payer pour avoir une information complète et honnête : European Commission SCHEER scientific opinion on e-cigarettes – a guide for policymakers.

Répondez à l’enquête ETHRA

Plus d’arômes ? Des taxes pour vapoter ? Vous imaginez ?

Non seulement les vapoteurs actuels pourraient être lourdement contrariés dans leur pratique (fini les chouettes arômes, prix prohibitifs, obligés d’aller au marché noir), mais les fumeurs auraient aussi de plus en plus de mal à accéder à une vape bien adaptée et à prix raisonnable et “motivant”.

Même si la commission européenne est une machine politique qui montre jusqu’à présent peu de cas de l’avis des citoyens, rien n’empêche de se battre. Voilà pourquoi l’ETHRA à lancé son enquête avec le soutien des 22 organisations qui la compose. Les réponses permettront à l’ETHRA d’aller se battre et argumenter en toute indépendance des lobbys du tabac, de la pharma et des anti-tabac qui semblent s’être tous alliés contre le vapotage.

Voici les explications et l’accès à l’enquête ETHRA sur les site de SOVAPE et AIDUCE. N’hésitez pas au passage à adhérer ou faire un don pour aider ses associations :

Merci !

 

 

 

Bienvenue dans la vape

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