Aujourd’hui 1er mars, les paquets de cigarettes coûtent environ un euro de plus. C’est l’occasion de parler des prix dans la vape, est-ce que c’est vraiment moins cher ?

Tout d’abord, remettons l’église au centre du village. La question de vaper ou fumer ne devrait pas se poser en priorité par rapport au fait que ce soit plus ou moins cher. D’ailleurs, j’ai fait des petits sondages ce week-end sur VAPYOU et sur le groupe Facebook VAPE INFO SERVICE, grosso modo, 75% des vapoteurs ont arrêté de fumer pour leur santé. Seulement une personne sur quatre (25%) place en priorité la perspective de faire des économies.

Ce matin sur Europe1, Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération Addiction, a très bien mis en perspective les vertus de l’augmentation des prix du tabac pour lutter contre l’entrée dans le tabagisme. L’association d’un prix élevé et d’une image négative (étude OFDT) peut effectivement créer un meilleur rempart, en particulier chez les jeunes. Par contre, pour les fumeurs, on peut douter du véritable impact. Surtout avec la manière employée par le gouvernement, augmentations mais pas trop, afin de conserver quand même un bon cheptel de fumeurs pour payer les taxes nécessaires à la dette de santé.

On peut donc regretter l’absence de véritable politique de réduction des risques, l’incroyable manque de clairvoyance des autorités de santé françaises qui ratent complètement l’opportunité d’utiliser la vape pour lutter contre le tabagisme. Pour réduire le nombre de fumeurs, l’occasion de l’augmentation du prix des cigarettes aurait été idéale pour un message de santé publique : profitez-en pour tenter d’arrêter de fumer en essayant la vape !

Bref. Parlons prix quand même…

Déjà fumer, ça peut coûter plus ou moins cher

Quand j’étais fumeur, j’ai tout fait pour fumer moins cher. Quand j’étais jeune, c’était les roulées. Un peu plus vieux, je profitais de mes voyages à l’étranger pour remplir mon sac de plusieurs cartouches achetées en duty free. Parfois même, dans les pays où les cigarettes n’étaient vraiment pas chères (Thaïlande, Maroc…), j’achetais 10 cartouches sur place que je mettais dans mes valises, et 10 autres au duty free, que je répartissais dans les bagages à main de toutes ma famille, y compris mes filles, dont la plus petite avait à peine 6 ans ! J’en ai encore honte…

La seule chose que je n’ai jamais faite, c’est acheter des cigarettes à la sauvette dans la rue. A vrai dire, ça ne m’a jamais traversé l’esprit, mal informé. Peut-être que si j’étais toujours fumeur, j’y serais venu, il est vrai que les buralistes en se plaignant constamment, font une sacré publicité au phénomène. Bref, grosso-modo, je fumais environ un paquet de clopes par jour et ça devait me coûter dans les 2 000 € par an.

Vaper, ça peut aussi coûter plus ou moins cher

Tout d’abord avec la vape, il faut s’équiper, acheter du matériel, batterie(s) et atomiseur(s). Il y a donc un investissement de départ. Celui-ci constitue d’ailleurs un frein pour certaines personnes. Ensuite, il y a bien sûr la consommation de liquide. Et là, selon la pratique, les quantités peuvent être très différentes et donc coûter plus ou moins cher…

En effet, et c’est tout l’avantage de la vape, cela permet de prendre sa dose de nicotine simplement avec de la vapeur plutôt que de se détruire la santé avec de la fumée. Pour atteindre cette dose, il faut vapoter une certaine quantité de liquide. Et selon le taux de nicotine, elle sera plus ou moins importante. J’ai fait le test dernièrement en expérimentant les sels de nicotine, je suis passé sur mes journées de bureau 6/8 ml par jour dosés à 6 mg/ml, à environ 2 ml dosés à 20 mg/ml. Mais globalement, je prends la même dose de nicotine en valeur absolue, soit environ 40 mg.

Donc clairement, le taux de nicotine aura un impact très fort sur le coût des liquides. Sachant que (bizarrement) un liquide d’une même gamme coûte exactement le même prix quel que soit le taux de nicotine. Donc pour vaper moins cher, c’est simple, il faut vaper le taux de nicotine le plus fort possible. Et pour cela adapter son matériel et sa manière de vaper.

Budget vape pour un débutant

Lorsque l’on souhaite quitter la clope, il faut essayer la vape en se donnant les meilleures chances de réussir. Prendre un maximum de nicotine est recommandé pour se « gaver » le plus rapidement possible afin d’éviter le « craving » (envie irrésistible de fumer). Le taux le plus élevé (20 mg/ml) peut gratouiller fortement la gorge si on ne choisi pas un matériel adapté. C’est donc en s’équipant d’un atomiseur à tirage serré (MTL – Mouth To Lung : de la bouche aux poumons) que l’on va atténuer ce phénomène. De plus, cela permet d’avoir le même type d’aspiration qu’avec une cigarette classique, c’est à dire en « indirect » : on aspire une première fois pour faire entre la vapeur dans la bouche, puis une deuxième fois pour l’envoyer dans les poumons.

Dans ces conditions, on peut facilement trouver un matériel complet pour débutant aux alentours de 50 à 80€ et sur la base d’une consommation entre 30 et 60 mg de nicotine par jour (très difficile à évaluer selon chaque profil de fumeur), une fiole de liquide dosée à 20 mg/ml peut durer de 3 à 6 jours. En partant sur une base de 6€ la fiole, le prix largement répandu, cela ramène le coût quotidien entre 1 et 2€. A comparer avec le prix des cigarettes selon la consommation et type (roulées ou manufacturées), mais très clairement, oui, dans ces conditions, vaper coûtera moins cher pour de nombreux fumeurs. Largement ! Et même en comptant l’investissement de départ dans le matériel qui s’amortira sur le temps.

À NOTER : on peut baisser son taux de nicotine, au risque d’augmenter (ou pas) sa consommation en liquide et donc augmenter les coûts. Cela est également très lié au choix des matériels. La vape peut devenir une passion, on peut aussi avoir « besoin » d’ajuster le style et le confort avec plus de vapeur, tous ces paramètres peuvent jouer sur le prix. Pour acheter du liquide moins cher, on peut se tourner vers le DIY (Do It Yourself), pratique intéressante financièrement d’autant plus que l’on vape à un taux de nicotine plus bas que les 20 mg/ml maximum autorisés à la vente par la règlementation. Renseignez-vous bien, à cause de la limitation à 10 ml des flacons de liquides contenant de la nicotine (une véritable ineptie !), les mélanges donnent lieu à des calculs d’apothicaires.