Voici les résultats de la petite enquête menée auprès des vapoteurs pour leur avis sur le gouvernement Macron, la vape et le tabagisme. Une honte !

Avec la vape, c’est nouveau, le sujet de la lutte contre le tabagisme n’est plus la chasse gardée des donneurs de leçons, du corps médical et des gouvernements assoiffés de taxes. Ex-fumeurs pour la plupart, les vapoteurs s’investissent pour informer et aider leurs amis qui fument encore. Cette bienveillance est certainement une forme d’exutoire après des années à avoir dû subir, en tant que fumeurs, la stigmatisation et les mesures de coercition, seules « armes » déployées pour (soi-disant) lutter contre le tabagisme.

Chemin faisant, les vapoteurs se cultivent sur le fléau du tabac, sur le business des industriels bien sûr, mais aussi les bénéfices de la pharma grâce aux malades, les affres et les petits calculs des gouvernements taxeurs et sans oublier les pitoyables incantations des anti-tabac qui ne vivent que du tabagisme, leur lutte n’étant devenue qu’une fin en soi, le fumeur, oublié, ou tout au mieux exécré. Même devenu vapoteur, il faut encore subir leur haine.

483 réponses au sondage : vapoteurs militants

C’est une enquête rapide sur une dizaine de jours. Le profil des répondants ? Vapoteurs pour l’essentiel (99%) qui ont trouvé le sondage sur le blog et la page Facebook de VAPYOU. Donc des érudits, des passionnés, impliqués. Certainement pas représentatifs de tous les vapoteurs de France, mais des leaders d’opinions, des influenceurs, ce sont eux que l’on retrouve sur les très nombreux groupes sociaux sur Internet pour aider les débutants. Certainement aussi pas mal de commerçants.

Les questions étaient très simples, les réponses possibles aussi. Les résultats ne souffrent d’aucune ambiguïté, les avis sont massifs. Ils sont donc représentatifs, sans aucun doute.

Priorités du gouvernement Macron : l’argent et les buralistes

91% des réponses considèrent que la priorité du gouvernement Macron est de préserver la rente fiscale avec les taxes sur le tabac. La quasi unanimité de ce sentiment fait froid dans le dos. 64% pensent que la priorité à suivre est de sauver les buralistes. Pas étonnant, car tous les vapoteurs qui suivent le sujet savent que la ministre de la santé a déjà reçu trois fois la confédération et qu’elle refuse toujours de recevoir les acteurs de la vape, y compris les associations sans but lucratif. La profession qui contribue à la mort prématurée de 73000 français a donc droit à immensément plus de considération que les simples citoyens qui tentent d’enrayer le pire génocide de notre civilisation.

Pour confirmer, seules 7% des réponses se rangent à l’idée que le gouvernement considère prioritaire d’aider les fumeurs. 49% pensent que ce n’est pas une priorité, et 43% s’intérrogent en pensant que l’intention est « timide ».

Agnès Buzyn : complètement à côté de la plaque

Immense majorité encore, 79% des réponses expriment le sentiment que la ministre de la santé ne se documente absolument pas pour avoir un avis crédible sur la vape. Ses rares sorties sur le sujet sont bien connues des vapoteurs, elle se demande encore si le vapotage permet d’arrêter de fumer alors que 7 millions d’européens affirment être sortis du tabagisme avec la vape (Eurobaromètre). 72% estiment d’ailleurs qu’elle ne considère pas la vape comme un outil pour réduire le nombre de fumeurs. 53% des réponses lui prêtent même l’idée que le vapotage est un danger pour la santé publique (renormalisation du tabagisme, jeunesse). Effarant, même si 35% lui accordent le bénéfice du doute et 12% ne veulent pas y croire. On imagine la considération que peuvent avoir les vapoteurs sur tous les autres sujets de santé gérés par Agnès Buzyn. Personnellement, son inconséquence sur la vape ne m’invite absolument pas à lui faire confiance pour quoi que ce soit.

Buralistes encore, 68% des réponses se rangent à l’idée que la vape est utilisée par la ministre comme monnaie d’échange pour faire passer son « dada », l’augmentation des prix du tabac. Les trois rendez-vous avec la ministre et les 120 millions d’euros d’aide supplémentaires « à la transformation » qui se sont suivi d’une grande campagne de communication buraliste de la vape, incitent à la suspission dans l’esprit d’une majorité de vapoteurs. Faute de pouvoir ourdir un nouveau monopole sur les produits du vapotage, le gouvernement finance en loucedé les buralistes pour les aider à reprendre le marché de la vape. Et la ministre de la santé serait une des principales à la manœuvre. Quelle honte…

Aparté. La ministre a annoncé le remboursement intégral des substituts nicotiniques. Sur le fond, c’est une bonne mesure car elle peut aider des fumeurs et c’est un message positif qui permet de dédiaboliser la nicotine. Cependant affirmer, je cite « Soutenir les fumeurs qui souhaitent arrêter de fumer est un impératif, ils sont victimes du tabac. Mon engagement dans la lutte contre le tabac est entier et ne faiblira pas. » est totalement déplacé lorsque l’on ignore totalement le potentiel de la vape. De nombreux vapoteurs critiquent la mesure qui serait un cadeau (de plus) à l’industrie pharma.

Un an pour rien, ou pour pire ?

Les vapoteurs sont sympas. 40% des réponses déclarent que la situation sur la vape a empiré, et 59% estiment que rien n’a changé. Amer constat. Après 5 ans de bataille avec Marisol Touraine pour limiter la casse sur la loi de santé, ce nouveau gouvernement ne saisit pas, lui non plus, l’incroyable opportunité de la vape pour lutter de manière efficace et rapide contre le tabagisme.

Pas étonnant après tout. Le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, l’a affirmé dans plusieurs médias, si l’augmentation des prix du tabac pourra réduire un peu le nombre de fumeurs, ceux qui continueront, espère t-il, rapporteront entre 500 millions et 1 milliards de taxes en plus dans les caisses de l’État, chaque année. Cynisme absolu. A gerber.

Prochaine élections : européennes en 2019

Dernière question posée dans l’enquête « Est-ce que la politique de ce gouvernement sur la vape pourra influencer votre vote aux prochaines européennes en 2019 ? ». 23% seulement répondent non. 47% répondent oui et 30% disent peut-être.

Lors des présidentielles, la vape n’a eu aucun écho auprès des candidats, pas d’influence. Mais l’on sait par contre que lors du Brexit, un enjeu européen, les vapoteurs ont pu faire parti des multiples groupes de mécontents qui ont fait pencher la balance à la surprise générale. Par ailleurs, tous les vapoteurs qui suivent le volet politique, sont parfaitement conscients que la directive européenne (TPD) est à l’origine de toutes les mesures de coercition sur la vape, publicité, flaconnage 10 millilitres et 20mg/ml maxi, amalgame avec le tabac.

De plus, les élections européennes sont réputées « fragiles », les électeurs ne leur accordent pas autant d’importance que les élections nationales. La tentation de se rebeller est plus forte. Les ambitions du président Macron pourraient être un brin chatouillées par les vapoteurs mécontents et par leur familles qui les soutiennent.

Merci à toutes personnes qui ont répondu au sondage.