C’était ce matin sur la chaîne CNEWS, le docteur Brigitte MILHAU se livre à un exercice délirant de dénigrement, de désinformation sur la cigarette électronique (vapoteuse) et d’insultes envers les vapoteurs…

Au cas où la vidéo de Brigitte MILHAU venait à être supprimée, vous trouverez ci-dessous, consignée, la transcription écrite de l’émission « La chronique santé » diffusé ce 2 octobre 2017 sur la chaine CNEWS, je laisse volontairement l’url exacte : http://www.cnews.fr/chroniques/la-chronique-sante/la-chronique-sante-du-03102017-180031

Voici également l’article R.4127-13 du code de la santé publique :

Lorsque le médecin participe à une action d’information du public de caractère éducatif et sanitaire, quel qu’en soit le moyen de diffusion, il doit ne faire état que de données confirmées, faire preuve de prudence et avoir le souci des répercussions de ses propos auprès du public. Il doit se garder à cette occasion de toute attitude publicitaire, soit personnelle, soit en faveur des organismes où il exerce ou auxquels il prête son concours, soit en faveur d’une cause qui ne soit pas d’intérêt général.

On trouve ici, sur le site Internet du Conseil national de l’Ordre des médecins, un commentaire qui explique les tenants et aboutissant de cet article. Pour avant-goût, ça commence comme ça :

Cet article et l’article 20 cherchent à remédier aux abus dont se rendent coupables certains médecins à l’occasion de leurs rapports avec les médias, leur fréquence et leur importance ne cessant de croître.

Par ailleurs, afin de bien planter le décor, voici une vidéo d’un reportage sur BFMTV où l’on reconnait le Docteur Brigitte MILHAU faire la promotion (elle indique le prix = 300 € la séance !) de sa technique d’auriculothérapie pour arrêter de fumer : Arrêt du tabac : L’auriculothérapie, une nouvelle méthode pour arrêter de fumer. Où l’on peut légitimement se demander si le docteur ne se trouve pas en situation de conflit d’intérêt non déclaré lorsqu’elle s’exprime dans les médias pour dénigrer d’autres « méthodes » que la sienne susceptibles d’aider à l’arrêt de la cigarette ?

Commentaires avant lecture sur les déclarations du Docteur Brigitte MILHAU à propos de la cigarette électronique :

  • dénigrement du geste (pas élégant) et du matériel qui aurait le tort de ne plus ressembler à la vraie cigarette
  • elle argumente plusieurs fois qu’ils n’y a pas assez d’études, sans jamais mentionner celles qui pourraient être positives, ou même les positions claires qui sont prises, par exemple au Royaume-Uni (PHE, RCP…)
  • elle affirme que la vape est interdite pour les femmes enceintes alors que c’est faux, certains fabricants apposent un logo sur leur liquides, mais il n’y a aucune réglementation. On trouve d’ailleurs ici sur TABAC INFO SERVICE, cette recommandation  » [faute de pouvoir certifier une innocuité totale ]… Mais mieux vaut continuer à vapoter que de recommencer à fumer bien sûr. »
  • elle parle du formaldéhyde, de l’acétaldéhyde et de l’acroléine (que l’on trouve dans l’air ambiant sans besoin de vape ou tabac) comme si on en trouvait systématiquement dans toutes les cigarettes électroniques en quantités inquiétantes, alors que ces composés – c’est parfaitement connu – n’arrivent à des doses dangereuses qu’en cas de mauvais usage (dry hit / dry burn), c’est-à-dire une mèche qui chauffe trop car mal imbibée en liquide
  • elle met au conditionnel le fait que ces composés sont cancérigènes, alors qu’ils le sont sans aucun doute. Elle mélange tout et désinforme complètement. La réalité : ces produits sont dangereux MAIS ils sont en quantité négligeable quand le matériel est bien utilisé
  • elle dénigre la ecigarette en la réduisant uniquement à un business « …beaucoup d’argent… beaucoup d’enjeu… »
  • elle renchérit plus tard en accusant l’industrie d’initier les enfants au tabac (à cause des arômes). Pas à la vape, non, au tabac ! Directement !!
  • elle insinue que consommer de la nicotine est pervers, avec un ton qui dénigre clairement la nicotine
  • elle dit que c’est pervers aussi, là c’est vraiment un comble, le fait de comparer la cigarette électronique avec le tabac pour prétendre que c’est moins nocif ! Que cette comparaison n’aurait d’autre but que de la rendre « merveilleuse »… Comme si pour elle, il serait donc plus logique de comparer les effets indésirables d’un médicament avec le fait de ne pas le prendre, plutôt qu’avec les effets de la maladie qu’il soigne. Une conception pour le moins curieuse pour un médecin de ce qu’est une balance bénéfice/risque.
  • elle affirme, sans laisser planer aucun doute, que la vape renormalise le tabac
  • et nous annonce enfin, sur un air énigmatique et malicieux, un prochain sujet sur la « vape passive », sous entendu que c’est un fait avéré…

Bref ! Aucune information vraiment sérieuse, mais le Docteur Brigitte MILHAU nous a offert ce matin un florilège de grand n’importe quoi qui atteint des sommets de fantasmes, mauvaise foi, mensonges, dénigrements, désinformations, tromperie manifeste du public. Pour reprendre les mots de l’article 13 du code de la santé publique, où sont les données confirmées ? Où est la prudence ? Où sont les soucis de répercussion sur le public ? Clairement, une personne qui vapote et qui ne se renseigne pas ailleurs, pourrait être effrayée et arrêter de vapoter, au risque de reprendre la cigarette…

Peut-être pourra t-elle alors lui conseiller une séance d’auriculothérapie à 300 €, pour laquelle elle affirme (dans la vidéo BFM), et à nouveau – art. 13 – sans citer la source, un taux de réussite de 72% à 6 mois. Mazette, mais pourquoi donc cette méthode miraculeuse n’est pas plus répandue ??? Et au fait… Pas assez d’études sur la cigarette électronique, mais combien on a d’études sur l’auriculothérapie ?

On appréciera également les petites remarques perfides des présentateurs et chroniqueurs de l’émission : utiliser le mot « vapoteuse » au lieu de cigarette électronique, c’est du « marketing », les box, c’est pour jouer au « concours de la plus grosse »… Rires et ton condescendant, insultant pour toutes les personnes qui vapotent.

Brigitte MILHAU nous promet une prochaine émission sur la « vape passive », on est vraiment très très impatient car le sujet prête à de nombreuses controverses. Toujours peut-on lui conseiller de prendre quelques renseignements un peu solides, toujours rapport à l’article 13 du code de la santé publique…

Les vapoteurs profondément choqués

Quantité de réactions dans les réseaux sociaux, et les spécialistes sont ulcérés par tant de mépris et de messages « confusionnants » de la part d’un médecin. Merci à Claude BAMBERGER, vice-président de l’AIDUCE et à Yvon ROLLAND pour leurs remarques constructives.

Vue du Québec, mon ami Jean-Philippe BOUTIN a été également profondément choqué par cette émission, voici sa réaction…

CNEWS « La Chronique Santé » – Docteur Brigitte MILHAU / Transcription écrite

PRÉSENTATRICE
Mais tout de suite on retrouve le Docteur Brigitte Milhau, vous le savez, il est désormais interdit de fumer dans certains établissements et lieux…

PRÉSENTATEUR
« heu ! …de vapoter !! »

PRÉSENTATRICE…
Ha oui, non, de vapoter, de fumer ça, ça fait longtemps… la cigarette électronique, voilà vous aller voir, il y a un nouveau logo qui peut être apposer, non qui « doit » même être apposé dans certains lieux et on se pose la question avec Brigitte ce matin… est-ce-que ce nouveau décret qui a été pris ça veut dire qu’il y a de nouvelles études – un logo avec ecig dans un panneau apparait à l’écran – … vous le voyez là ce panneau « interdiction de vapoter », est-ce que ça veut dire voilà qu’on a de nouvelles études et que le vapotage est dangereux ou non ? Que c’est un problème pour la santé publique en fait ?

BRIGITTE MILHAU
En fait, c’est l’application du décret mais y’a rien de nouveau du point de vue santé hein ! Et c’est vrai qu’on a encore des messages assez confusionnants sur la… sur la vapoteuse… puisque on ne l’appelle plus cigarette électronique (sourire), on l’appelle la vapoteuse… heu, ça rappelle moins la cigarette peut-être… (grognement)

PRESENTATEUR
Oui c’est ça, c’est du marketing de la part des fabricants…

BRIGITTE MILHAU
Et c’est vrai qu’elle ressemble moins d’ailleurs à la cigarette, vous vous souvenez les premières avait réellement une forme de cigarette et maintenant c’est une box, hein, une « boite » qu’on tient comme ça… – là, elle imite le geste – … l’élégance, ça on peut en discuter, mais c’est un autre sujet…

PRESENTATEUR
C’est vrai je me suis fait la réflexion, ce week-end j’ai vu quelqu’un qui vapotait avec, oui, une espèce de grosse boite, ce n’est pas très élégant…

CHRONIQUEUR
C’est le concours de la plus grosse, en plus hein… plus grosse fumée, plus grosse… (rire de tout le monde)…

BRIGITTE MILHAU
Et ce qui est important, c’est que depuis le début, on a des messages très très confusionnants, heu, on nous dit que c’est pas nocif, « mais » (intonation) on l’interdit chez les enfants et chez les femmes enceintes, on nous dit c’est pas nocif « mais » on l’interdit dans certains lieux et dans d’autres on la laisse, alors pourquoi ? On n’a pas assez de recul, ça c’est certain, donc les études, on n’en a pas assez, heuuuuu, pour avoir vraiment les informations nécessaires, parce ce qu’il y a beaucoup d’argent…

PRESENTATEUR
On sait pas si c’est dangereux ou pas ?

BRIGITTE MILHAU
On ne sait pas exactement (elle monte dans les aigus)

PRESENTATRICE
Parce qu’on n’a pas assez de recul ?

BRIGITTE MILHAU
(Affirmative) Parce qu’on a pas assez de recul, y’a beaucoup d’enjeu derrière, ça il faut quand même pas l’oublier, et, heu, c’qui faut savoir… heu, c’qu’on sait pour l’instant y’a quelques produits qui seraient, je mets tout au conditionnel… (regard prudent)… qui seraient dangereux ! Le formaldéhyde, qui est classé quand même type 1 par l’OMS comme substance cancérigène, l’acétaldéhyde qui serait aussi cancérigène et ensuite y’a une autre molécule qu’on appelle l’acroléine qui est irritante et à force, l’irritation sur les cellules pourrait elle aussi provoquer certains types de cancers…

PRESENTATEUR
Mais je comprends pas Brigitte, vous nous dites qu’on sait pas si c’est dangereux et là vous listez des produits qui n’ont pas l’air très sympathiques (sourire)

BRIGITTE
Mais, mais, à faible… enfin y’a de faibles quantités donc ces substances seraient cancérigènes mais quand il y en a de très faibles quantités dans les cigarettes, heu… les vapoteuses, on ne sait pas encore, on n’a pas assez de recul, encore une fois pour savoir, en plus, y’a heu, évidemment de la nicotine, alors la cigarette électronique peut contenir de la nicotine ou peuvent ne pas en contenir, mais la plupart du temps elles en contiennent et autre effet pervers, c’est qu’à chaque fois qu’on fait des études on les compare avec la cigarette, et, heu, rheu, traditionnelle, donc forcément, ça parait merveilleux par rapport à la cigarette parce que tout est mieux que la cigarette, donc voyez, c’est assez compliqué d’avoir réellement de vraies études scientifiques sérieuses avec le recul suffisant… Après… En dehors des effets sur la santé, y’a surtout, des effets, heu… pervers… ça va initier, heuuuuu, des entrées dans le tabac, parce que quand vous avez, quand on… heu… quand on disait que c’est pas fait pour les enfants…

PRESENTATEUR
Quand on ne fume pas, faut pas se mettre à la vapoteuse…

BRIGITTE
Quand on disait que c’est pas fait pour les enfants avec des parfums…

CHRONIQUEUR
Mais les enfants se mettent pas à la vapoteuse !

BRIGITTE
Bien sûr ! Avec des parfums malabar, fraise tagada et tout, si c’est pas pour initier, heu, le tabac chez les enfants… j’vois pas trop, heu…

CHRONIQUEUR
Ha oui, c’est vrai !

BRIGITTE
Après ça va… renormaliser le tabac, puisqu’on va avoir des gens qui fument, heu, etc… Et après se pose encore la question du vapotage passif, on y reviendra… un autre jour !

PRESENTATRICE
Un autre jour, merci Brigitte. Et tout de suite on va parler d’un temps où les cigarettes électroniques n’existaient pas, dans les années 60…

PRESENTATEUR
Ah oui, la vrai clope ! (en faisant le geste)